En 2026, il est devenu difficile de manger à sa faim dans un festival de musique romand pour moins de 20 francs. Surtout si, comme moi, vous espérez pouvoir passer par un peu tous les stands, pour goûter toutes sortes de choses.
Pour cet été des festivals, qui débute ce week-end avec Festi'Neuch entre le 11 et le 15 juin, Blick s'est lancé le défi de trouver à becqueter pour 10 francs, pas plus. Parce qu'on a toutes et tous l'impression que par le passé, on pouvait finir repu sans se ruiner.
La déambulation des impossibles
Je pensais d'abord pouvoir compter sur les stands asiatiques et leurs larges platées de nouilles aux légumes. Mais impossible d'en dénicher à moins de dix francs. A Festi'Neuch, il faut désormais débourser au moins 13 francs pour s'octroyer ce délice.
Impossible d'envisager les assiettes complètes, les sandwichs au homard et autres joyeusetés. D'ailleurs, à première vue, il faudra plutôt miser sur des plats végétariens pour rester dans les clous.
Côté desserts, on doit se passer des churros. Et oui, même la petite portion coûte la totalité de notre budget. Ne parlons même pas de la «moyenne» à 15 francs et de la «grande» à 20 francs. Ce ne sont pourtant que des tiges frites de pâte sucrée...
Les fameuses gaufres Manneke Kris, qui se baladent de festival en festival, permettent de faire un constat amer: l'inflation a touché les stands. «Je me souviens, en 2009 à Paléo, mon père m'avait donné une thune (5 francs) pour m'acheter une gaufre nature, se souvient un festivalier vaudois. Et la vendeuse m'avait rendu 50 centimes.»
Un plat principal à 7 francs...
Mon espoir initial, c'est de trouver un plat et un dessert pour un total de dix francs. Alors, qu'est-ce qui est envisageable? A force de scruter les menus affichés, on trouve plusieurs petites pépites pas chères. Des duos de rouleaux de printemps à 8 francs par ici. Une poignée de raviolis à 6 francs par là, ou encore une planchette apéro à 7 francs par là.
Dans cette mare de friture, un candidat sérieux s'invite à table: la portion de cinq falafels de chez «Chef Falafel» pour 7 francs. Une fois la file d'attente vaincue, le «chef» en question ajoute même un sixième falafel. Bingo! «Y a pas de quoi s'étouffer», relativise dans la queue une festivalière, à qui j'ai eu le temps d'expliquer mon objectif.
Il nous faut un second plat principal pour comparer deux versions de ce repas à dix francs. Sur un autre continent, le stand colombien «El Maïz» me fait de l'oeil. On y trouve trois types d'empanada à 7 francs pièce. Et stupeur, deux d'entre eux sont remplis de boeuf. C'est parfait, on aura donc un plat végé et un autre carné
Et un dessert pour 3 balles
Ne reste qu'à trouver deux desserts, pour la modique somme de trois francs chacun. Deux choix plus consistants que les autres s'offrent à moi. Non, il ne s'agit pas des cupcakes, qui s'avalent en une bouchée et sont bient trop chers pour ce qu'ils sont.
Le premier que l'on remarque, c'est une spécialité japonaise à la mode: le mochi glacé au matcha. Une glace saveur thé vert enfermée dans une fine couche de pâte de riz, c'est estival!
Et le second dessert est une bonne surprise. Sur un stand portugais, les prix ne sont pas affichés. Mais les pastéis de nata qui défilent devant mes yeux sont apétissants. La curiosité me fait poser la question: leur prix est de trois francs. On prend...
Goûteurs, goutez!
Ce qui est bien avec Festi'Neuch, c'est le cadre. Pour déguster tout cela, on s'assied sur un ponton, donnant sur la petite scène de la plage, qui se trouve dans le lac de Neuchâtel. Les pieds dans l'eau, on savoure en profitant du concert de Feu! Chatterton non loin.
Les falafels, bien qu'un peu secs, remplissent bien le ventre. Avec leur petite sauce blanche, ils passent bien. La bonne surprise vient de l'empanada au boeuf. La farce est très savoureuse, la galette de maïs donne du corps. La cuillerée de guacamole et la petite sauce piquante, ajoutés à la dernière seconde, apportent du goût à l'ensemble.
Côté sucré, le pastel de nata est une petite merveille de feuilletage et de gourmandise. La glace à l'intérieur du mochi a un peu fondu. Il colle aux doigts et ne vaut pas certains autres qu'on trouve dans le commerce.
En somme, les falafels seront très bien pour celles et ceux qui ont très faim. Et l'empanada a largement réussi à rentabiliser l'attente importante au stand colombien. L'association avec le petit flan à la crème portugais conclut admirablement ce tour du monde culinaire (sans bouger de Neuchâtel).
La quête des frites les moins chères
Votre ventre gargouille encore? C'est possible que vous n'ayez pas trouvé les propositions précédentes suffisantes. Dans ce cas, une solution économique s'offre à vous – outre manger chez vous avant de venir au festival.
La solution? Une barquette de frites, pardi. Plusieurs stand en proposent, pour certains à 8 ou 7 francs la portion. Après moult déambulations, j'ai trouvé ce sui semble être la moins chère de Festi'Neuch, à 6 francs la large barquette du côté de la roulotte qui porte bien son nom: «Le Croque Faim».
A la caisse, ça discute entre citoyens d'une même petite commune qui se retrouvent là par hasard. Car c'est aussi ça, Festi'Neuch, en plus de la musique et des petits plats pas toujours bon marché.
Les frites, elles, sont de bonnes facture sans être excellentes. Mais elles atteignent leur but: remplir pour attaquer la fin de soirée. Ce qui est sûr, c'est qu'il a manqué peut-être quelques légumes dans tout ça... Et non, les patates ça ne compte pas.