Aux yeux de l'élu UDC Jean-Luc Addor, le refus de l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» représente «un avertissement»... mais aussi une «opportunité» pour le Conseil fédéral.
En effet, dans une interpellation déposée le 14 septembre au Conseil national et relevée par «24 Heures», le Valaisan propose d'encourager les Suisses à avoir plus d'enfants, via une «vraie politique nataliste». Le but: lutter contre le vieillissement de la population et, ainsi, éviter une trop grande dépendance de l'immigration. Pour Jean-Luc Addor, une hausse des naissances constituerait le seul rempart possible contre «une immigration incontrôlée».
«Difficile de modifier le taux de fécondité»
Dans son texte, le conseiller national déplore que le Conseil fédéral a toujours «obstinément combattu» l'idée d'instaurer une politique nataliste. Or, auprès de «24 Heures», Philippe Wanner, professeur de démographie à l'Université de Genève, souligne qu'il est «difficile de modifier le taux de fécondité, parce que c’est très individuel» et que «l’Etat peine à intervenir sur les désirs d’enfants».
Ainsi que le rappelait l'Office fédéral de la statistique (OFS) ce printemps, la population âgée de plus de 65 ans a dépassé, pour la toute première fois, celle de moins de 20 ans. En revanche, si la baisse de fécondité a connu un «rythme ralenti» en 2025: une diminution des naissances a été observée dans 18 cantons sur 26 (certains ont, au contraire, vu une augmentation), tandis que le nombre moyen d’enfants par femme oscille autour de 1,28 en 2025, contre 1,29 en 2024.