Alors que les relations entre le Conseil d'Etat genevois et la coalition No-G7 semblaient tendues la semaine dernière concernant le tracé de la contre-manifestation, les deux parties semblent proches d'un consensus. En effet, ce matin la coalition indiquait être prête à renoncer à traverser le pont du Mont-Blanc et accepter une manifestation uniquement sur la rive droite, avec quelques adaptations. Le Conseil d'Etat genevois «accueille positivement» l'accord de principe de No-G7 concernant la manifestation du 14 juin.
Le gouvernement genevois entend rencontrer rapidement la coalition et «reste ouvert» à la modification de certains points du tracé «dans les limites du raisonnable en termes de sécurité». La coalition No-G7 avait dit s'inquiéter de la sécurité notamment le passage devant le Mont-Blanc barré par la police et perçu comme une «provocation» ainsi que les travaux aux Nations dans le quartier de la Servette. Mais tout n'est pas encore gagné.
Tensions sur l'heure
«Des adaptations sont possibles s'il y a de bonnes raisons de le faire», a indiqué mercredi la conseillère d'Etat Carole-Anne Kast, en charge de la sécurité, lors du point de presse du gouvernement. Juste avant la séance, la coalition no-G7 a officialisé sur ses réseaux sociaux la tenue de la contre-manifestation le 14 juin prochain: «Début à 14h à la Perle du Lac, Genève.»
Seulement que la Conseil d'Etat a rappelé être «inflexible» sur l'heure de départ du cortège, qu'il a fixé à 16h pour éviter d'entraver les votations et notamment le dépouillement qui suivra. Carole-Anne Kast a rappelé qu'il était inenvisageable de débuter avant. Si aucune heure de fin n'a été fixée, l'autorisation est valable pour le dimanche exclusivement.
50'000 manifestants?
Il devient alors urgent pour les parties de se rencontrer afin de finaliser les derniers détails. «Nous allons faire au mieux» pour planifier cette rencontre, a affirmé la conseillère d'Etat. S'il y a des demandes de «petits» changements, on va discuter», renchérit la présidente du gouvernement Anne Hiltpold.
Le dispositif policier sera adapté du début à la dispersion de la manifestation. Les autorités planchent sur différentes hypothèses relatives au nombre de participants. «On travaille sur 10'000 à 20'000 manifestants; 50'000 est un scénario qu'on doit prendre en compte», a fait savoir Mme Kast.
Le gouvernement a répété qu'il estime, de concert avec la direction de la police, qu'une manifestation encadrée et coordonnée avec les autorités est le meilleur moyen d'assurer à la fois la liberté d'expression, la sécurité publique et la protection des personnes. Le droit de manifester constitue une liberté fondamentale qui s'exerce dans le respect du cadre légal, a-t-il rappelé.
Pas de déni de justice
La coalition No G7 n'a pas obtenu gain de cause dans ses recours devant la justice genevoise. A la fois sur les accusations de déni de justice lancées contre le Conseil d'Etat et sur l'effet suspensif de l'arrêté sur une manifestation restreinte à la rive droite.
«Le tribunal nous a donné raison», a affirmé mercredi après-midi à la presse la conseillère d'Etat Carole-Anne Kast. Selon elle, il a considéré qu'une décision avait bien été rendue par le gouvernement lorsqu'il a refusé un village au Parc des Bastions et que le déni de justice n'était pas constitué non plus pour la manifestation.
De même, l'arrêté pris il y a deux semaines pour autoriser une manifestation seulement sur la rive droite était également combattu par la coalition devant la Chambre administrative de la Cour de justice. «L'effet suspensif a été refusé», a également affirmé Carole-Anne Kast.