Féminicide présumé en 2023
Un homme face à la justice à Vevey pour avoir tué sa compagne

Un homme de 46 ans est jugé ce mardi à Vevey pour avoir tué sa compagne en mai 2023. Il encourt la réclusion à perpétuité.
Une sordide affaire est jugée ce mardi au Tribunal d'arrondissement de Vevey.
Photo: Keystone

Un homme de 46 ans comparaît mardi devant le Tribunal criminel d'arrondissement de l'Est vaudois à Vevey. Il est accusé d'assassinat subsidiairement de meurtre de sa compagne, un soir de mai 2023, dans l'appartement de la victime à Vevey.

Le prévenu risque au minimum cinq ans de prison si c'est le meurtre qui est retenu et jusqu'à la réclusion à vie si c'est l'assassinat (minimum dix ans) qui est retenu. Ce dernier est retenu lorsque le prévenu a agi avec une absence particulière de scrupules (par exemple, un mobile crapuleux, un acharnement ou une préméditation froide). Si les circonstances aggravantes de l'assassinat ne sont pas pleinement réalisées, le prévenu est jugé pour meurtre.

Dans cette sordide affaire sur fond de jalousie, de possessivité, de choix de nom de famille et de domicile ainsi que de divergences sur l'éducation religieuse, c'est le procureur général du Ministère public vaudois Eric Kaltenrider qui a instruit ce drame et qui a établi les chefs d'accusation.

Ni soins ni secours

C'est au matin du 26 mai 2023 que les faits se sont déroulés. Le prévenu, un ressortissant du Kosovo habitant en Allemagne et qui vivait une relation à distance avec la victime, alors âgée de 38 ans, est arrivé chez elle deux jours avant. Après des disputes, il l'a tue de multiples coups de couteau avec son poing-américain combiné à une lame, détenu illégalement, selon l'acte d'accusation.

Il ne lui a ensuite administré aucun soin ni alerté les secours. Il a quitté l'appartement avec leur enfant en bas âge après avoir verrouillé la porte d'entrée, le téléphone portable de sa compagne avec lui, l'abandonnant alors qu'elle était toujours vivante. Le prévenu s'est rendu à Thoune, où vit un de ses frères, dans un bâtiment de l'administration avant d'être emmené à la police. 

Il indique avoir, lors d'une dispute, blessé sa compagne et se faire «du souci pour la santé de celle-ci». Toujours selon l'acte d'accusation, le décès est consécutif aux lésions traumatiques constatées au niveau de son cou et du thorax, lesquelles ont occasionné une hémorragie interne et externe.

Le prévenu dans le déni

Le couple s'était rencontré via des connaissances en 2020. Ils ont eu une fille ensemble en 2021. Lui avait déjà plusieurs enfants avec une ex-épouse. Monteur de meubles sans activité depuis 2015 à la suite d'un accident de travail, l'homme pratique le karaté et la boxe thaï de compétition.

La victime, elle, avait fui le Kosovo avec son père pour s'établir en Suisse en 2001 et a fini par s'installer à Vevey. Elle a eu trois enfants d'un premier mariage, dont elle assumait seule la garde.

Au début de l'audience, traduite en albanais et devant la famille de la victime et une trentaine de soutien, le prévenu a affirmé "ne pas se souvenir d'avoir donné de multiples coups de couteau" ni "d'avoir une mauvaise relation" avec sa compagne. Il a aussi nié l'avoir menacé de mort, contrairement à ce qu'affirment plusieurs témoins, selon l'acte d'accusation.

Répondant aux questions du tribunal, le prévenu ne cesse de formuler des contradictions et des digressions, se montrant souvent imprécis, voire confus, dans ses réponses. Cette première journée est consacrée à l'instruction du prévenu. Les plaidoiries devraient se tenir mercredi matin.

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En cas de situation urgente ou dangereuse, ne jamais hésiter à contacter la police au 117 et/ou l'ambulance au 144.

Pour l'aide aux victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.

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