Après leur mobilisation suivie d'une polémique, les locataires genevois virés reçoivent des promesses. Les rénovations d'immeubles au boulevard Carl-Vogt se feront finalement par étapes et non d'un seul coup, communique ce mardi 17 mars la caisse de pension bâloise PKBS, propriétaire des numéros 35 à 43, dans le quartier de la Jonction.
En janvier dernier, la centaine de locataires a reçu la même lettre recommandée de résiliation de bail de la part de la régie Naef, en raison de l'engagement «d'importants travaux de rénovation sur le groupe d'immeubles». De quoi susciter un déluge de critiques envers le proprio et la régie, de la part de la quinzaine de commerçants et de dizaines de particuliers appelés à quitter les lieux.
Les autorités de Bâle-Ville l'avaient demandé début mars, et la société propriétaire a en partie revu ses plans. «PKBS a réexaminé l'organisation du projet, communique la caisse de pension bâloise sur son site. Cette analyse a porté notamment sur la possibilité de réaliser les travaux par phases afin de tenir compte dans la mesure du possible de la situation des locataires.»
Des «mesures de soutien» aux locataires
Avec cette solution par étapes, PKBS assure qu'elle «souhaite pouvoir reloger les locataires dont le bail a été résilié», ceci en leur proposant «des appartements vacants issus de son parc immobilier existant». Le communiqué de presse ne précise pas si (ni à quel point) les loyers augmenteraient. Le chantier, décrit comme «une intervention majeure sur la structure du bâtiment, les installations techniques et l'infrastructure», devrait commencer en 2027, pas avant la mi-année.
PKBS propose une série de «mesures de soutien» adressées aux locataires: la possibilité de prolonger son bail jusqu'au début des travaux; de la «flexibilités» en cas de départ anticipé avant cette date; un «soutien individualisé», visant en particulier «les locataires en situation précaire» ; une «aide à la recherche» d'un autre logement ; un «accès prioritaire» aux autres propriétés de PKBS et aux logements gérés par la régie Naef; et la priorité sur la relocation à la suite des rénovations.
«Pas une stratégie» de spéculation
Le communiqué insiste sur le fait que des rénovations sont «indispensables» afin «d’assurer la préservation à long terme de ces bâtiments classés», construits en 1900. Il s'agit d'améliorer le confort et de «l’adapter aux exigences légales actuelles» en «accroissant significativement» son efficacité énergétique.
Interrogée par 20 minutes, la présidente du conseil d'administration de PKBS réfute les accusations de spéculation immobilière. «Cette rénovation complète ne constitue pas une stratégie visant à modifier les contrats de location», assure Dorothee Frei Hasler à nos confrères. Elle ajoute que toute modification de loyer restera dans le cadre de la loi genevoise sur les démolitions, transformations et rénovations (LDTR). En cas de «transformation lourde», le contrôle des prix par ce biais peut être porté à cinq ans.