«Acheter la paix judiciaire»
La gauche pousse Valérie Dittli vers la sortie, le Centre la défend

Après la publication du rapport Meylan, les réactions des partis vaudois s'enchaînent. La gauche pousse Valérie Dittli à démissionner, tandis que le Centre défend sa ministre.
Valerie Dittli, le 21 mars 2025 à Lausanne.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Sans surprise, les partis vaudois réagissent avec vigueur aux nouvelles révélations concernant Valérie Dittli. La gauche et les Vert'libéraux appellent à sa démission après la publication vendredi du rapport Meylan. Le PLR, lui, se désolidarise d'elle pour 2027.

Au vu de l'accumulation «de crises inédites» touchant la ministre, «dont les répercussions sont majeures pour le fonctionnement des institutions», le parti socialiste vaudois «ne voit pas comment» la ministre peut poursuivre son mandat. «Combien de rapports et plaintes pénales faudra-t-il pour que Valérie Dittli démissionne?», demande le parti dans son communiqué.

Ces agissements s'ajoutent à ceux déjà mis en lumière par d'autres rapports, notamment sur les lacunes managériales de l'élue, rappellent pour leur part les Vert-e-s vaudois. Ces manoeuvres démontrent «une incapacité persistante de Mme Dittli à endosser pleinement le costume de conseillère d'Etat», ajoutent les écologistes, «une méthode de gouvernement solitaire, opaque et profondément problématique».

«Inadmissible»

Pour le groupe Ensemble à gauche – POP, la ministre centriste «semble avoir fait passer ses intérêts personnels avant ceux de l'Etat», ce qui la rend «indigne» de sa fonction. Evoquant «mensonges et malversations», le groupe de la gauche radicale appelle, lui aussi, à la démission de la conseillère d'Etat.

Les Vert'libéraux se joignent à ces appels. «Il est urgent que Mme Dittli fasse son autocritique, prenne ses responsabilités et assume les conséquences de ses actes. Pour nous, la seule alternative responsable est qu'elle présente sa démission», réagissent-ils. Pour le PVL vaudois, il est «inadmissible que l’argent des contribuables soit détourné afin d'acheter la paix judiciaire d’une membre du gouvernement».

Alliance vaudoise sans Valérie Dittli

A droite, le PLR n'appelle pas directement à la démission, mais annonce déjà qu'il «ne se voit pas mener campagne aux côtés de Valérie Dittli en 2027» dans le cadre de l'Alliance vaudoise (PLR, UDC, Centre). La confiance est rompue, selon le parti.

«La question du maintien de Valérie Dittli au Conseil d'Etat d'ici là relève désormais de sa responsabilité personnelle ainsi que de celle du Centre. Il leur appartient de tirer les conséquences politiques de la situation actuelle», écrit le PLR Vaud dans son communiqué. «Les conclusions du rapport Meylan sont graves et ne peuvent être relativisées», affirme-t-il, relevant des «éléments accablants» et reprochant à la ministre centriste d'avoir «menti».

De son côté, l'UDC se désolidarise aussi «en l'état actuel» de la jeune conseillère d'Etat. «Bien qu'aucune condamnation judiciaire ne soit encore intervenue, nous ne pouvons, dans ces circonstances, envisager une collaboration avec elle, la confiance semble désormais rompue», note le parti dans un communiqué. «Nous laissons à la justice le soin d'évaluer si une condamnation pénale s'impose. Cependant, dans ce contexte, il nous appartient de réfléchir à la façon dont la collaboration se poursuivra avec Mme Dittli», écrit l'UDC.

Le Centre défend sa ministre

Le Centre n'avait pas encore réagi en début de soirée par communiqué. Mais dans l'émission Forum de la RTS, son président Michele Mossi a affirmé que Valérie Dittli «a toujours agi dans l'intérêt du Conseil d'Etat et de l'Etat de Vaud». Il a toutefois reconnu «un manque de diligence dans la communication» et parfois «quelques maladresses» de la ministre centriste.

Michele Mossi estime que la collaboration au sein du gouvernement actuel est toujours possible malgré la confiance entamée. A ce stade, son parti ne compte pas la lâcher, mais «nous allons la rencontrer pour discuter du futur». «Il y a des réflexions politiques et mathématiques à mener», a-t-il dit.


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