Le commandant des pompiers de Crans-Montana, David Vocat, s'est confié au quotidien français «Libération» six mois après le tragique incendie du bar «Le Constellation» qui a fait 41 morts et 116 blessés, dont de nombreux gravement brûlés. Premier à être intervenu sur les lieux du drame, il s'est exprimé dans le cadre d'un reportage réalisé par le quotidien français au sein de la station valaisanne.
Les mois de janvier à mars ont été les plus douloureux, a-t-il expliqué. «Le soir, lorsque je rentrais, j’étais seul avec mes pensées. Dans mes cauchemars, les jeunes ne sont pas morts, mais endormis.» Il est également revenu sur les larmes qu'il a versées, le 4 janvier, lors d'une messe en mémoire des victimes et qui lui ont valu des critiques virulentes, notamment de la part des habitants de la commune. «J’ai entendu dire qu’un homme ne devrait jamais s’effondrer.»
Des attaques, et une rencontre inoubliable
Certaines attaques ont même frôlé les limites de l'injure: «On m’a aussi dit que j’étais une honte pour la nation. Ce sont des choses qui m’ont blessé au cœur.» Ces souffrances, il n'est pas seul à les avoir endurées: «Pour mes hommes, c’était difficile de subir tant d’attaques.»
David Vocat assure n'avoir vécu qu'une «seule chose» véritablement positive depuis cette terrible nuit du Nouvel-An. C'était à la fin du mois de mars, lors d'une rencontre avec le pape Léon XIV à Rome. «Nous sommes allés voir le pape sans rien dire à personne», avait-il raconté peu après la fin de son voyage au micro de la radio Rhône FM.