Quelques jours après le drame survenu le 1er janvier à Crans-Montana, le choc est intact. Brutal, impossible à digérer. Et l'une des émotions qui peuvent nous assaillir, devant les épouvantables images des événements, est un terrible sentiment d'impuissance. Comment aider, que dire, que faire? Difficile de ne pas se sentir totalement démuni face à une telle catastrophe.
Que vous connaissiez des personnes impactées ou non, il existe quelques initiatives ou actions concrètes pouvant apporter un minimum de soutien aux familles.
Dans un élan de solidarité envers les blessés, de nombreuses personnes ont proposé de donner leur sang ou se sont précipitées dans les centres dédiés. Et cette réaction a porté ses fruits. D'après Franziska Kellenberger, responsable communication pour l'organisation de Transfusion interrégionale CRS, les stocks de produits sanguins se situent actuellement à un niveau normal pour cette période de l'année, dans toute la Suisse: «L'approvisionnement des hôpitaux peut continuer à être assuré, nous précise-t-elle. Après les fêtes, il est toutefois important que les stocks de sang restent suffisants dans les jours et les semaines à venir.»
Le site officiel indique en effet que l'organisation se trouve dans une situation temporaire de surcharge. Dans les cantons du Valais et de Vaud, il n'est plus possible de prendre rendez-vous pour des dons de sang ces prochaines semaines.
«Votre générosité compte énormément et votre mobilisation est essentielle, peut-on lire. Mais les produits sanguins ayant une durée de vie limitée, nous avons besoin de pouvoir compter sur votre soutien sur le moyen et long terme afin d’assurer un approvisionnement continu des hôpitaux, notamment dans la suite du traitement des victimes de brûlures.»
Il s'agit donc de ne pas laisser ce mouvement s'essouffler en prenant rendez-vous d'ici quelques semaines ou mois, lorsque le premier choc du drame sera passé. Les rendez-vous peuvent déjà être pris en ligne.
À noter que le don de cheveux est également possible, notamment auprès de l'entreprise suisse Rolph AG.
Depuis l'incendie, des dizaines de personnes ont généreusement proposé une chambre ou un toit aux familles souhaitant être proches des victimes hospitalisées loin de chez elles. Cela reste important, dans la mesure où les soins et hospitalisations, en Suisse et ailleurs, risquent de se prolonger. Certains patients pourraient également être transférés, en cours de traitement, vers d'autres hôpitaux. La mise à disposition de ces logements restera donc essentielle, ces prochaines semaines.
Par ailleurs, ainsi que nous le rappelle Carol Gachet, psychologue d'urgence ICP, il peut être utile de proposer ses compétences professionnelles: médecins, psychologues, thérapeutes et couturiers (pour la confection de vêtements sur mesure dédiés aux personnes brûlées) peuvent s'annoncer s'ils et elles le souhaitent. Attention toutefois à utiliser, pour cela, des canaux dédiés et officiels. Dans le canton de Vaud, par exemple, une adresse mail spécialisée (solidarite.crans-montana@chuv.ch) a été dédiée à ces offres de soutien, afin de ne pas surcharger les autres boîtes mail ou la ligne téléphonique du CHUV.
Les psychologues que nous avons contactées sont formelles: l'une des manières les plus concrètes de soutenir moralement les personnes touchées est de faciliter les rassemblements, ou d'y participer. Notre simple présence, même dépourvue de mots, peut constituer un réconfort et un appui considérables.
«Il ne faut pas essayer de se mettre à la place des familles impactées et plutôt garder une forme de retenue, de sobriété ou de respect, en déposant des fleurs, en allumant des bougies, en proposant de l’aide concrète là où on est en mesure de l’apporter et en transmettant nos pensées aux victimes», résume Brigitte Favre, psychologue et psychothérapeute FSP.
Dans un précédent article consacré au deuil national, Elisabeth Roudonesco, psychanalyste et historienne de la psychanalyse française, expliquait également que l'humain endeuillé a besoin de rites funéraires pour faire sens de la douleur qu'il endure: «Les rituels symboliques, dont l'allumage de bougies, l'observation d'une minute de silence ou les cérémonies funèbres, font partie des cultures humaines depuis la nuit des temps», souligne-t-elle.
Et les dons financiers?
De nombreuses cagnottes publiques ou crowdfundings ont été ouverts, notamment via le site Happypot, souligne «Le Dauphiné». Ainsi que le rappelle «24 Heures», il faut toutefois veiller à vérifier la source d'une telle initiative, s'assurer que son créateur soit identifiable, privilégier les associations, organismes ou plateformes officiels et s'abstenir de verser de l'argent via virement crypto ou cartes-cadeaux. L'envie désespérée d'apporter de l'aide ou le sentiment d'impuissance peuvent nous mener à baisser nos gardes, par générosité, alors qu'il serait dommage que l'argent versé ne parvienne jamais aux personnes qui en ont réellement besoin. Toujours d'après nos confrères, l'association suisse Flavie, qui vient en aide aux personnes brûlées, pourrait potentiellement lancer un appel aux dons.