Drame de Crans-Montana
La Suisse sera en deuil le 9 janvier, qu'est-ce que cela signifie?

Après la tragédie qui a déchiré Crans-Montana, la Suisse observera une journée de deuil national, le vendredi 9 janvier. Voici ce que cela implique concrètement, au niveau des hommages rendus.
1/2
Ce vendredi 9 janvier, les cloches des églises suisses sonneront à 14h, en hommage aux victimes de Crans-Montana.
Photo: Keystone
Capture d’écran 2024-09-17 à 11.24.33.png
Ellen De MeesterJournaliste Blick

«La Suisse est profondément triste.» Face au drame qui a fendu le cœur de Crans-Montana, à l'aube de 2026, les mots de Beat Jans, chef du Département fédéral de justice et police (DFJP), résonnent presque comme un euphémisme, tant la peine est grande. Parce que les mots ne suffisent pas. Il n'y a pas de mots. 

Alors, à la suite du tragique incendie ayant causé au moins 40 décès et blessé 116 personnes – la plupart grièvement –, une journée de deuil national sera observée, le vendredi 9 janvier. «Dans ce moment de recueillement, tous les habitants de la Suisse pourront se souvenir personnellement des victimes de la catastrophe», a notamment déclaré Guy Parmelin dans une interview accordée dimanche à Blick. Il s'agit d'une manière de rendre hommage aux victimes de la tragédie, afin que les marques de solidarité soient unifiées et centralisées, comme un grand mouvement de soutien et de respect national. 

Qu'implique ce deuil national?

Concrètement, plusieurs actes de solidarité auront lieu simultanément, partout en Suisse. Voici ce à quoi on peut s'attendre, ce vendredi: 

Toutes les cloches des églises suisses sonneront ensemble, à 14h, afin de marquer l'ouverture d'une cérémonie d'hommages organisée à Crans-Montana, en présence de Guy Parmelin et d'une délégation envoyée par le Conseil fédéral. Le président français, Emmanuel Macron, devrait également se rendre sur place.

Une minute de silence nationale sera observée au même moment, afin de permettre à la population de se recueillir, en signe de respect aux victimes et à leurs familles. 

Sur demande de Guy Parmelin, les drapeaux du Palais fédéral ont été mis en berne, en signe de deuil, ainsi que ceux des ambassades suisses à l'international, pour une durée de cinq jours.

Un livre de condoléances est disponible sur le site officiel de la Confédération, invitant toute personne qui le souhaite à rédiger un message de condoléances ou de soutien aux personnes touchées par la tragédie.

Certains événements culturels, dont des concerts, sont par ailleurs annulés au sein de plusieurs stations valaisannes, en signe de respect. 

«L'humain a besoin de rituels»

En plus de marquer la solidarité et la tristesse, ces hommages constituent une façon de panser les plaies béantes d'une nation bouleversée. D'après Elisabeth Roudonesco, psychanalyste et historienne de la psychanalyse française, l'humain endeuillé a besoin de rites funéraires pour se relever et faire sens de la douleur indicible qu'il endure.

«Les rituels symboliques, dont l'allumage de bougies, l'observation d'une minute de silence ou les cérémonies funèbres, font partie des cultures humaines depuis la nuit des temps, nous explique-t-elle par téléphone. Lorsqu'on ne peut donner de sépulture à un corps ou marquer symboliquement la mort, il est bien plus difficile d'avancer, car on préserve forcément la possibilité que la personne perdue puisse encore être vivante. Il nous faut ce rituel, pour réaliser que c'est terminé. Et qu'il nous faut essayer d'avancer.» 

Une initiative exceptionnelle

A noter que ce genre d'initiative est extrêmement rare, en Suisse. Si des marques de soutien se sont répétées au fil des années, pour marquer une profonde solidarité envers divers événements tragiques, les journées de deuil national sont exceptionnelles, dans le pays.

En 2021 Guy Parmelin (qui était aussi président de la Confédération à ce moment-là), avait demandé une minute de silence à 11h59, en hommage aux victimes du Covid-19. Les cloches des églises avaient également sonné à cet horaire. Un même signe de respect avait eu lieu en 2001, après les attentats du 11 septembre, à New York. 

En novembre 2016, à la suite des attentats de Nice, les drapeaux du Palais fédéral avaient été mis en berne, comme ceux de l'ambassade de Suisse dans la capitale française. Après les attentats de Paris, des minutes de silence et des drapeaux en berne dans plusieurs cantons avaient rendu hommage aux victimes. 

Articles les plus lus