A Genève, l’explosion du crack depuis 2021 a ravivé les tensions dans le quartier des Grottes, au-dessus de la gare Cornavin. Face à cette situation, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) défendent un projet pilote inédit en Suisse: prescrire de la cocaïne sous contrôle médical à des usagers fortement dépendants, rapporte ce mardi 26 mai la «Tribune de Genève».
Porté par le professeur Daniele Zullino, chef du Service d’addictologie des HUG, le dispositif vise à réduire les risques sanitaires, éloigner les consommateurs du marché noir et renforcer leur suivi médical. Selon lui, les traitements de substitution actuellement proposés, comme certaines amphétamines ou la Ritaline, ne répondent pas toujours aux attentes des usagers de crack, précise-t-il au quotidien genevois.
Une plainte déposée
Pour rappel, depuis 2023, l’équipe mobile RUE des HUG intervient dans la rue auprès de 300 consommateurs, avec près de 60% de maintien dans le suivi thérapeutique. Mais une partie des patients quitte le dispositif, poussant les spécialistes à envisager cette nouvelle approche, détaille le professeur à la «TDG».
Le projet prévoit l’administration sur place d’une cocaïne transformée en produit inhalable sous forme de vapeur, dans un espace dédié au CAAP Arve – un lieu appartenant au Service d'addictologie des HUG. Une première phase concernerait entre six et douze volontaires.
Cette initiative suscite toutefois de fortes critiques. Le médecin zurichois André Seidenberg, pionnier de la prescription d’héroïne en Suisse, a déposé une plainte pénale contre Daniele Zullino. Il juge le projet contraire à l’éthique et estime qu’il pourrait mettre en danger la santé des participants. Une demande d’autorisation a été déposée auprès du médecin cantonal. Les HUG espèrent lancer l’expérimentation d’ici la fin de l’année.
A Lausanne, le débat sur la cocaïne médicalisée progresse. Le 10 février 2026, le Conseil communal a adopté un postulat demandant à la Municipalité d’étudier un projet pilote de distribution contrôlée de produits à base de cocaïne, en coordination avec d’autres villes suisses. Berne avait ouvert la voie avec un texte similaire adopté en juin 2023.
Déposé par Johann Dupuis (Ensemble à gauche), le postulat s’appuie sur un constat préoccupant: la cocaïne est aujourd’hui la deuxième substance illicite la plus consommée en Suisse après le cannabis. Dans le canton de Vaud, environ une demi-tonne circulerait chaque année sur le marché noir, touchant plus de 10’000 consommateurs, y compris occasionnels, précise le Groupement romand d'Etudes des Addictions (GREA).
Le texte lausannois invite la Ville à travailler avec les cantons, les spécialistes des addictions et d’autres grandes villes afin de solliciter l’accord de la Confédération pour une expérimentation. Les partisans du projet estiment qu’une distribution encadrée pourrait limiter les risques sanitaires, mieux contrôler la qualité des produits et réduire l’emprise du marché illégal. Si le droit fédéral ne permet pas encore de tels essais à grande échelle, les défenseurs du projet rappellent que les expérimentations sur le cannabis ont vu le jour sous l’impulsion des villes suisses.
A Lausanne, le débat sur la cocaïne médicalisée progresse. Le 10 février 2026, le Conseil communal a adopté un postulat demandant à la Municipalité d’étudier un projet pilote de distribution contrôlée de produits à base de cocaïne, en coordination avec d’autres villes suisses. Berne avait ouvert la voie avec un texte similaire adopté en juin 2023.
Déposé par Johann Dupuis (Ensemble à gauche), le postulat s’appuie sur un constat préoccupant: la cocaïne est aujourd’hui la deuxième substance illicite la plus consommée en Suisse après le cannabis. Dans le canton de Vaud, environ une demi-tonne circulerait chaque année sur le marché noir, touchant plus de 10’000 consommateurs, y compris occasionnels, précise le Groupement romand d'Etudes des Addictions (GREA).
Le texte lausannois invite la Ville à travailler avec les cantons, les spécialistes des addictions et d’autres grandes villes afin de solliciter l’accord de la Confédération pour une expérimentation. Les partisans du projet estiment qu’une distribution encadrée pourrait limiter les risques sanitaires, mieux contrôler la qualité des produits et réduire l’emprise du marché illégal. Si le droit fédéral ne permet pas encore de tels essais à grande échelle, les défenseurs du projet rappellent que les expérimentations sur le cannabis ont vu le jour sous l’impulsion des villes suisses.