En bref
- La coalition No-G7 accuse les autorités genevoises d’entraver le droit de manifester avant la mobilisation prévue le 14 juin à Genève. Elle dénonce un «état d’urgence préventif» visant à affaiblir le mouvement.
- Le principal conflit concerne le refus des autorités de laisser la manifestation traverser le pont du Mont-Blanc.
- La coalition, après une rencontre avec la conseillère d’Etat Carole-Anne Kast le 21 mai, envisage des recours judiciaires. Elle estime que le gouvernement sera responsable de potentielles tensions.
La tension monte autour de la manifestation anti-G7 prévue à Genève. Dans un communiqué diffusé dimanche, la coalition No-G7 accuse les autorités genevoises d’entraver délibérément l’exercice du droit de manifester. Restrictions «arbitraires», «blocages permanents», «chicaneries administratives»: le collectif dénonce une «escalade autoritaire» visant, selon lui, à «briser politiquement» le mouvement.
La coalition affirme avoir multiplié les concessions depuis plusieurs mois. «Nous avons demandé à être reçus, proposé des alternatives, adapté nos plans», écrit-elle. En retour, les militantes et les militants disent avoir été «baladés pendant des mois entre la Ville et le Canton».
Le collectif estime que les autorités genevoises franchissent un cap inédit. «De mémoire de militants, nous n'avons jamais connu un tel niveau d’entraves et de violations des droits fondamentaux.»
«Etat d’urgence préventif»
No-G7 reproche notamment aux autorités d’avoir refusé plusieurs dispositifs logistiques autour de la mobilisation. Après le refus d’installer un village militant au parc des Bastions, les autorités auraient également interdit «tout camping ou infrastructures extérieures permettant d’accueillir les participants».
Pour les organisateurs, cette interdiction, combinée à l’annonce de patrouilles policières permanentes, revient à instaurer un «état d’urgence préventif». Ils accusent les autorités de chercher à «épuiser administrativement, matériellement et psychologiquement» le mouvement.
Le collectif indique désormais chercher des lieux intérieurs pour maintenir tables rondes, cantines, stands et espaces de rencontre. Selon lui, la conseillère d’Etat Carole-Anne Kast se serait engagée à ne pas entraver les réservations de salles.
Le pont du Mont-Blanc comme «ligne rouge»
Le principal point de friction reste toutefois le parcours de la manifestation. Le Conseil d’Etat genevois refuse, à ce stade, que le cortège traverse le pont du Mont-Blanc. Une condition jugée inacceptable par la coalition.
«Il ne pourra pas y avoir de manifestation uniquement sur la rive droite», avertit-elle. Le collectif affirme que le parcours actuellement proposé, en U lacustre avec passage par le pont, constitue déjà «une concession» par rapport aux itinéraires initialement envisagés.
«Le pont du Mont-Blanc sera notre ligne rouge», déclarent ainsi les militants, qui estiment que le gouvernement «portera la responsabilité des tensions et du désordre» s’il maintient son refus.
Une possible bataille judiciaire
La coalition affirme avoir rencontré Carole-Anne Kast le 21 mai afin de défendre sa position. Elle dit désormais attendre «des actes concrets et non de nouvelles manœuvres dilatoires».
Le collectif indique également étudier des recours judiciaires avec ses avocats afin de contester les décisions prises par les autorités genevoises. «A force de vouloir empêcher toute contestation organisée, le gouvernement prend le risque de créer une situation qu’il ne maîtrisera plus lui-même», prévient-il.