Un poste peu attractif
Pataugeant à la tête de l'OSCE, la Suisse cherche toujours son successeur

Malgré un budget débloqué après cinq ans, l'OSCE reste en crise sous la présidence suisse. Ignazio Cassis appelle à la paix en Ukraine, mais les tensions freinent les avancées.
En adoptant un budget après cinq ans de blocage, l'OSCE a obtenu une victoire d'étape importante.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

La Suisse tente de tirer son épingle du jeu à la tête cette année de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Elle est parvenue à débloquer un budget. Mais les blocages persistent dans cette organisation «au grand potentiel, mais qui est actuellement en mode survie», selon son ancien secrétaire général.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 a intensifié les crispations au sein de l'organisation, qui prend ses décisions par consensus. Les deux pays comptent parmi ses cinquante-sept membres.

Mettre fin au conflit

«La Suisse a jusqu'à présent fait tout son possible pour utiliser l'espace politique, actuellement très limité», commente le diplomate suisse et ancien secrétaire général de l'OSCE, Thomas Greminger, pour Keystone-ATS.

Il donne en exemple le voyage d'Ignazio Cassis, qui assure la présidence, en Russie et en Ukraine en début d'année. Le ministre des Affaires étrangères y a proposé les services de l'organisation pour accompagner la sortie de la guerre. Il a fait de la fin du conflit la priorité numéro un de l'OSCE.

Chou blanc

C'était «la bonne chose à faire, dit Thomas Greminger. Mais les réponses des parties étaient décevantes, il faut le reconnaître». Le conseiller fédéral devait également se rendre à Washington, mais aucune date n'a pour l'heure était fixée.

«M. Cassis a tenté à maintes reprises de parler avec le ministre des affaires étrangères américain Marco Rubio pour le sensibiliser au potentiel de l'OSCE, mais cela n'a pas fonctionné jusqu'à présent», indique le diplomate. Le président américain Donald Trump a depuis son retour au pouvoir fait des organisations internationales multilatérales sa cible.

Ignazio Cassis a toutefois évoqué des «relations étroites» avec les Etats-Unis depuis les quartiers généraux de l'organisation à Vienne en marge d'une conférence mercredi. Il a également tiré un bilan de mi-mandat plutôt positif malgré l'insécurité qui règne en Europe.

Victoire d'étape

Il a rappelé l'adoption d'un budget en mars, après cinq ans de blocages. Un succès qui ne s'est pas fait par hasard, mais qui est le résultat d'un dur travail de diplomatie, selon le Tessinois.

Cette victoire était importante, dit Thomas Greminger. Elle permet à l'organisation de fonctionner. Mais il ne faut pas se leurrer, le montant à disposition ne donne «aucune marge de manoeuvre pour initier quoi que ce soit de nouveau». L'enveloppe a été réduite d'environ 10% sous la pression américaine. Elle est de 120 millions d'euros environ.

La présidence, un rôle «peu attractif»

Le bon fonctionnement de l'organisation dépend aussi de sa présidence. Or pour le moment, l'inconnu perdure sur le pays qui prendra le relai l'année prochaine. Chypre était pressenti, mais la Turquie s'y oppose.

De quoi dissuader des velléités de candidature? «Il est vrai que dans l'environnement actuel, des grandes victoires diplomatiques ne sont pour le moment pas très réalistes, ce qui rend le poste peu attractif», déclare Thomas Greminger. D'autant que ce rôle représente un investissement considérable, au niveau diplomatique mais aussi en termes de coûts.

Ignazio Cassis a indiqué vouloir avancer rapidement sur la prochaine présidence. A voir si elle sera connue en décembre lors de la ministérielle de l'OSCE organisée à Lugano.

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