La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Présidente en exercice de l'OSCE, la Suisse y participe avec son ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis.
Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent aussi le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie saoudite pour «des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran» est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.
Ignazio Cassis présent
Présent à Antalya, Ignazio Cassis aura des échanges sur le conflit au Proche et Moyen-Orient avec ses homologues de la région, a précisé dans un communiqué jeudi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Il rencontrera notamment le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (GCC) Jasem Mohamed AlBudaiwi, et le représentant spécial de l’Union européenne pour le Golfe Luigi di Maio.
Le Tessinois mènera également une série d’entretiens en sa qualité de président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Il discutera avec le ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Andrii Sybiha ainsi que le secrétaire général de l’OSCE Feridun H. Sinirlioğlu. Ignazio Cassis devrait quitter la réunion samedi déjà.
Effort de médiation
Le 5e forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.
De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.
La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation. «On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu», a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.
Réouverture d'Ormuz
Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera Shehbaz Sharif en marge de celui-ci. La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au coeur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.
La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient «très probablement» à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations. Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.
Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.