La population de loups en Suisse a continué de croître en 2025. Au total, 43 meutes ont été recensées dans tout le pays, a annoncé lundi la fondation Kora dans son rapport annuel.
Cela représente quatre meutes de plus que l'année précédente, a indiqué la fondation à Keystone-ATS. Le nombre total de loups a aussi augmenté: au cours de l'année de référence 2024, les experts avaient recensé 319 animaux, soit 31 loups de moins. Au moins 155 louveteaux sont nés en 2025.
L'augmentation de la population s'est traduite par l'établissement de nouvelles meutes. Une nouvelle meute s'est formée pour la première fois dans le canton d'Obwald avec la meute de Klein-Melchtal. Dans le canton de Neuchâtel, la meute de la Vallée de la Brévine est la sixième à voir le jour dans la région du Jura.
Au début de l’année 2026, au moins une meute de loups avait ainsi été recensée dans 9 des 26 cantons suisses. Il s’agit des cantons de Glaris, des Grisons, de Neuchâtel, de Saint-Gall, de Schwyz, du Tessin, de Vaud, du Valais et d’Obwald.
Abattage de 77 loups
L'expansion de ce grand prédateur s'est poursuivie malgré le renforcement des mesures de régulation. Au cours de la période de régulation 2025/26, l'Office fédéral de l'environnement a autorisé l'abattage d'environ 115 loups ; 77 animaux ont effectivement été abattus. Au cours de la période précédente, 92 loups avaient été abattus, contre 55 animaux lors de la première phase de régulation raccourcie de 2023/24.
La fondation Kora souligne que les effets de la régulation sur la population, la structure des meutes et les attaques sur le bétail ne pourront être évalués de manière fiable qu’après plusieurs années. C’est pourquoi la fondation a lancé en 2025 un projet de recherche national sur les conséquences de la régulation des loups.
Diversité génétique croissante
L’origine génétique des loups se diversifie aussi, selon le rapport. La grande majorité des animaux identifiés génétiquement en Suisse provient toujours de la population alpine, qui s’étend de l’Italie à l’Autriche en passant par la France et la Suisse. Cependant, de plus en plus de loups issus d’autres populations sont détectés.
En avril 2025, une louve victime de braconnage a été retrouvée dans le canton de Berne. Des analyses génétiques ont montré que l’animal, désigné sous le nom de F295, était la première femelle issue de la population d’Europe centrale détectée en Suisse. Jusqu’à présent, seuls des mâles de cette population avaient été recensés.
Au total, six loups recensés en Suisse proviennent de la population d'Europe centrale, qui comprend l'Allemagne et la Pologne. Deux autres animaux ont été attribués à la population dinaro-balkanique. À cela s'ajoutent plusieurs individus d'origine mixte.
Deux louves gestantes dans une meute
En Valais, durant l’été 2025, une «double reproduction» au sein d’une meute de loups a été constatée pour la première fois en Suisse. Les spécialistes entendent par là la reproduction simultanée de deux femelles au sein d’une même meute.
Celle-ci a eu lieu au sein de la meute du Chablais. Des analyses génétiques d’échantillons prélevés sur le terrain ainsi que d’animaux capturés dans le cadre de la régulation ont montré qu’un nouveau mâle s’était reproduit aussi bien avec la femelle reproductrice F43 qu’avec sa fille. Au total, huit petits ont pu être observés dans la meute.
Lynx, ours et chacal doré aussi présents
Outre le loup, la fondation Kora s’est également intéressée à d’autres grands prédateurs. Les experts ont constaté une densité croissante du lynx dans le Haut-Valais ; en parallèle, la présence d’un lynx a été confirmée pour la première fois dans le Val Mesolcina, dans les Grisons. Le nombre de lynx retrouvés morts a également atteint un nouveau record.
En ce qui concerne l’ours, 15 preuves génétiques ont été enregistrées en Suisse en 2025. Au moins deux animaux différents ont séjourné dans le pays à certains moments. Mais l’espèce n’est toujours pas considérée comme établie de manière durable.
Concernant le chacal doré, 88 signalements ont été reçus, dont 23 ont été confirmés comme étant des observations sûres. Elles sont réparties sur huit cantons. La fondation Kora a également lancé le premier projet de recherche à l’échelle nationale sur cette espèce.