Ex-Migros
Micasa a un nouveau patron. Et personne ne le connaît

Vente par Migros, rachat par la direction, et maintenant déjà un nouveau propriétaire: après un an et demi de chaos chez Micasa, Toni Shala veut remettre l'entreprise sur les rails. Blick s'est entretenu avec une demi-douzaine d'initiés du marché de l'ameublement au sujet de cet entrepreneur inconnu.
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Toni Shala est le nouveau propriétaire de la chaîne de magasins d'ameublement Micasa. Voici à quoi ressemble l'entrepreneur sur Linkedin.
Photo: Webshot / Linkedin

En bref

  • Toni Shala est le nouveau propriétaire de la chaîne de magasins d'ameublement Micasa
  • Dans le secteur de l'ameublement, l'investisseur est un «parfait inconnu» selon les initiés
  • Avec des moyens financiers supplémentaires, Shala veut maintenant relancer Micasa
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Milena Kälin et Ulrich Rotzinger

Le nom Micasa évoque certes encore Migros, mais il ne reste plus rien du géant orange dans cette chaîne d’ameublement. Début 2025, Migros s’est séparée de ses 30 magasins de meubles. Ils avaient été rachetés par l’ancienne direction, associée à des investisseurs allemands et autrichiens, mais l’aventure a tourné court au bout d’un an. Selon un extrait récent du registre du commerce, un homme, Toni Shala, détient depuis fin octobre 100% des actions de Micasa. Qui est ce mystérieux repreneur?

Blick a sollicité Micasa pour en savoir plus. «C’est un entrepreneur expérimenté, actif depuis de nombreuses années dans la logistique pour le secteur du meuble et de l’aménagement», indique une porte-parole d’Oppenheim-Partner. Cette agence de relations publiques gère la communication de Toni Shala et de Micasa. La demande d’entretien adressée par Blick au nouvel investisseur est restée sans réponse. Aucune photo de lui ne serait par ailleurs disponible.

A la place, on n’obtient que des formules toutes faites, comme «un savoir-faire approfondi dans les domaines de la logistique, du service à la clientèle et de la gestion opérationnelle». Ces compétences seraient essentielles pour un magasin d’ameublement. «Toni Shala estime que l’entreprise dispose de bonnes conditions pour poursuivre son développement avec succès sur le long terme», poursuit la porte-parole. Les questions détaillées, elles, restent sans réponse.

Un nom dévoilé sous la pression

Jusqu’à il y a quelques jours, le service de presse de Micasa restait discret et refusait de dévoiler le nom du groupe d’investisseurs suisses. Est-ce parce que Toni Shala «est un parfait inconnu dans le secteur suisse de l’ameublement», comme l’affirme une figure historique et bien connectée de la branche? Blick a interrogé cette personne, ainsi qu’une bonne demi-douzaine d’initiés du secteur, jusqu’aux étages de direction. Tous souhaitent garder l’anonymat, et tous partagent la même impression. Pour eux, Toni Shala est un fantôme dans le monde de l’ameublement. Sur le réseau professionnel LinkedIn, il se présente sous le nom de Toni S.

D’après son profil LinkedIn, Toni Shala travaille depuis 2012 pour Jubex Transporte, à Spreitenbach en Argovie. Il en a été le directeur et siège désormais au conseil d’administration. Selon son site internet, l’entreprise argovienne propose du transport, de la logistique d’entreposage, du montage de meubles, des débarras et des déménagements.

Les inscriptions au registre du commerce corroborent ces informations. On y apprend également que ce natif du Kosovo siège depuis 2025 à la direction de l’entreprise de logiciels Tobb GmbH. Cette société est domiciliée à l’adresse d’un cabinet d’avocats à Cham à Zoug.

Aucun article de presse sur son activité à la tête de Jubex n’a été retrouvé, et internet n’en dit pas plus sur Toni Shala. Selon le site du FC Wohlen, il aurait été entraîneur assistant des moins de 14 ans du club en 2009. A titre privé, il possède un compte Instagram et un compte Facebook.

Une injection de capitaux devenue pressante

Selon Micasa, Toni Shala apporte «des moyens financiers supplémentaires», qui garantissent la poursuite du développement de l’entreprise. Il y avait urgence. D’après les renseignements économiques de Teledata, des procédures de recouvrement précontentieux sont en cours et la probabilité d’un défaut de paiement est élevée. «Dans le secteur, on entend dire que les fournisseurs ne livreraient plus Micasa que contre paiement d’avance», explique une connaisseuse du marché de l’ameublement. Des clientes et clients mécontents se sont également adressés à Blick: ils avaient payé leur marchandise sans jamais la recevoir.

«Je m’intéresse moins à l’identité de Toni Shala qu’à l’origine de l’argent qu’il apporte», relève un autre initié. L’agence de relations publiques reste évasive: «Le rachat est financé par des fonds privés du groupe d’investisseurs. Nous ne nous exprimons pas sur les détails de la transaction et du financement.»

Les prochains mois diront si Toni Shala parvient à redresser la barre et à restaurer la confiance dans la marque. Un connaisseur du secteur parle d’une entreprise audacieuse: «Pour le réseau de magasins, il faut surtout de l’argent et un bon plan.»

Micasa a déjà annoncé la fermeture de quatre de ses 30 filiales, ce qui coûte leur emploi à 70 collaborateurs. Le réseau de magasins reste toutefois «un élément central de l’activité», assure la porte-parole, et la vente en ligne doit être développée. Mais le temps presse pour Toni Shala, avertit l’initié: «La concurrence dans le secteur de l’ameublement est impitoyable.» Cet initié reçoit d’ailleurs déjà des candidatures d’employés de Micasa, qui ne supportent plus de travailler pour l’ancienne enseigne de Migros.

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