Livraisons à l'arrêt... par manque d'argent?
Chaos chez Micasa! «Je n’ai ni table ni canapé, ils me doivent 5088 francs»

La table et le canapé n'ont jamais été livrés, et l'argent s'est totalement évaporé: le déménagement de Ronja, cliente de Micasa, a viré au chaos. L’ancienne chaîne de meubles de Migros serait-elle à court d’argent?
Une lectrice de Blick a vécu une expérience chaotique chez Micasa: sa commande de 5088 francs ne lui a jamais été livrée.
Photo: Sven Thomann

En bref

  • Ronja L. a commandé une table et un canapé chez Micasa pour un montant de 5088 francs
  • Aujourd'hui, elle n'a toujours pas été livrée, et son canapé ne lui a pas été remboursé
  • Micasa admet des retards de paiement envers ses fournisseurs, mais indique que des accords son cours de conclusion
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Milena Kälin

Ronja* ne décolère pas. Le week-end dernier, cette lectrice de Blick a emménagé avec sa petite famille dans un nouvel appartement de la région de Zurich.

Des semaines avant le déménagement, elle avait pris les devants en commandant un nouveau canapé et une nouvelle table à manger chez Micasa. Mais l'enseigne d'ameublement, autrefois filiale de Migros, n'a livré aucun des deux articles à la date convenue. La mère de famille avait pourtant déjà réglé un total de 5088 francs.

«Les meubles m'importent peu, je veux simplement récupérer mon argent», déclare Ronja à Blick. Dans un premier temps, elle ne reçoit aucune information de la part de Micasa, ni sur le canapé ni sur la table, au point qu'elle commence à trouver la situation suspecte. Au téléphone, on lui indique que la livraison a été stoppée, sans qu'elle sache pourquoi.

Le fournisseur évoque un arrêt des livraisons

Survient alors l'élément le plus troublant de l'histoire. La cliente prend directement contact avec le fournisseur du mobilier vendu par l'intermédiaire de Micasa. Celui-ci lui fait savoir que la livraison a été bloquée… parce que Micasa ne paie pas ses factures. Détail particulièrement piquant: sur le site Internet de Micasa, la table peut toujours être commandée.

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Ronja n'a jamais reçu sa table, commandée il y a des demaines, chez Micasa. Un banc de fête (à gauche) doit combler le vide.
Photo: Milena Kälin

Ronja se rend aussitôt dans la filiale de Volketswil pour exiger le remboursement de la table et du canapé. Elle passe alors sa carte sur le terminal pour obtenir le versement. Mais une fois rentrée chez elle, c'est la douche froide: au lieu de lui rembourser le canapé, le magasin lui a prélevé une seconde fois le montant de 2689 francs. Léger soulagement: le jour de son déménagement, l'émetteur de sa carte de crédit lui indique finalement que ce second débit a pu être annulé.

Mais ce n'est là qu'une bien maigre consolation. «Je n'ai ni table ni canapé, et Micasa me doit 5088 francs», déplore Ronja. «Comme si je n'avais pas déjà assez de stress avec le déménagement…» Et son nouvel appartement dans tout ça? «Il est maintenant à moitié vide.»

Micasa lui a depuis remboursé le montant de la table. Mais il manque toujours les 2689 francs du canapé. La société émettrice de sa carte de crédit assure ne pas avoir connaissance d'un quelconque autre remboursement. «Je ne sais pas ce que je dois faire pour récupérer mon argent», déclare Ronja, désemparée.

Un nouvel investisseur amène des sous

Mais que se passe-t-il donc chez Micasa? Le détaillant de meubles est-il à court d'argent? Le rachat par un nouveau groupe d'investisseurs suisses semble aller dans ce sens. L'enseigne a confirmé ce changement début octobre auprès de Blick. L'identité du repreneur est d'abord restée mystérieuse. Mais depuis lundi soir, le doute n'est plus permis: il s'agit de l'entrepreneur actif dans la logistique Toni Shala, dont on ne sait toutefois pas grand chose de plus.

Mais que se passe-t-il donc chez Micasa? Le détaillant de meubles est-il à court d'argent? Le rachat par un nouveau groupe d'investisseurs suisses semble aller dans ce sens. L'enseigne a confirmé ce changement début octobre auprès de Blick. L'identité du repreneur est d'abord restée mystérieuse. Mais depuis lundi soir, le doute n'est plus permis: il s'agit de l'entrepreneur actif dans la logistique Toni Shala, dont on ne sait toutefois pas grand-chose de plus.

Un fournisseur et partenaire de longue date de Micasa, qui a pris contact avec Blick, aurait souhaité obtenir davantage d'informations en amont sur ce nouvel investisseur. L'entreprise dit être habituée à voir surgir des difficultés au début d'un changement de propriétaire, mais ne souhaite pas en révéler davantage à Blick.

De son côté, Micasa reconnaît que des retards de paiement envers les fournisseurs sont survenus durant cette phase de transition. «Des accords contraignants sont en train d'être conclus avec les partenaires concernés. L'objectif est que les paiements soient de nouveau effectués dans les délais le plus rapidement possible», indique une porte-parole à la demande de Blick. Les nouveaux propriétaires «ont mis à disposition des moyens financiers supplémentaires, ils garantissent ainsi le financement du développement futur de l'entreprise», poursuit-elle.

La porte-parole insiste sur le fait que les livraisons en suspens et les demandes non prises en charge des clients sont traitées en priorité et avec un contact direct auprès des personnes concernées. Ronja L. conserve donc l'espoir de récupérer un jour son argent.

L'ancien CEO s'en va

Apres le désengagement de Migros, l'ex-PDG Philipp Agustoni et Manuel Landolt, alors directeur des opérations (COO) de Migros Marchés Spécialisés SA, avaient acquis des parts de l'entreprise. En parallèle, les familles d'investisseurs allemande et autrichienne Brandstetter-Finger et Wiest étaient entrées au capital de 30 magasins. Les deux familles viennent de revendre leurs parts à Toni Shala, après un peu plus d'une année seulement.

Le patron Philipp Agustoni a lui aussi quitté son poste fin octobre, pour des raisons encore floues à ce stade. Dans un post d'adieu publié sur le réseau professionnel LinkedIn, il s'est contenté d'évoquer une période intense.

C'est donc son collègue Manuel Landolt qui reprend les commandes de l'enseigne, comme le confirme Micasa. L'experte fiduciaire Beatrix Ferkinghoff fait pour sa part son entrée au conseil d'administration, tout en conservant son siège au sein de celui de la société de logistique Jung Stein, basée à Dietikon (ZH).

Avec cette reprise, Toni Shala a décidé de fermer 4 des 30 magasins Micasa. Les sites de Crissier (VD), Langendorf (SO), Brügg (BE) et Buchs (AG) sont concernés. Au total, 70 postes doivent être supprimés.

*Nom modifié

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