La Suisse va étouffer
Nouvelle alerte canicule: le pire reste à venir cet été

MétéoSuisse déclenche une alerte canicule de degré 3, alors qu'un puissant anticyclone s'installe. Le mercure va stagner à 35 degrés la journée et les nuits s'annoncent tropicales.
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La Suisse ne parvient pas à sortir de cette période de sécheresse: les météorologues mettent en garde contre une éventuelle poursuite de ces conditions météorologiques exceptionnelles.
Photo: GEORGIOS KEFALAS
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Gina Grace Zurbrügg et Mathilde Jaccard

Après la canicule record de fin juin, nous avons pu souffler un peu… mais juste un peu. Les nouveaux modèles météorologiques suscitent déjà l’inquiétude: une nouvelle vague de chaleur et une sécheresse permanente menacent. 

L’alerte est désormais officielle: un puissant anticyclone centré sur l’Europe de l’Ouest s’installe cette semaine sur la Suisse. MétéoSuisse a ainsi émis un avis de canicule de degré 3 pour la majeure partie du Plateau romand, ainsi qu’un préavis pour la plaine du Rhône et le Plateau alémanique.

En Allemagne, les météorologues tirent déjà la sonnette d’alarme: «La situation est catastrophique, nous connaissons une sécheresse historique», a notamment déclaré l’expert Karsten Brandt a déclaré au journal «Bild». Et de conclure: «De ce point de vue, l’été 2026 sera vraiment terrible. On pourrait même le qualifier de mortel.» 

«La sécheresse atteint un niveau sans précédent»

En Suisse non plus, il n’y a pas de raisons de lever l’alerte. «Des orages sont certes possibles dans le sud, mais ils ne soulageront guère la sécheresse», confirme Klaus Marquardt, de Meteo News, à Blick. Les prévisions officielles confirment cette tendance: si l’installation de la masse d’air chaud a fait grimper le thermomètre dès mardi, l’humidité et l’instabilité n’amèneront une activité orageuse qu’à partir de vendredi.

Ces orages locaux pourraient faire baisser le mercure en fin de journée, mais ils risquent aussi d’entraîner des inondations et des coulées de boue. C’est surtout la sécheresse persistante qui l’inquiète. «Son ampleur est déjà très exceptionnelle. Les bases ont été posées par un printemps sec. Et la première moitié de l’été n’est même pas encore terminée», explique Klaus Marquardt.

«Un niveau inquiétant»

Les niveaux des nappes phréatiques seraient également «d’un niveau inquiétant». A Genève, Sion et Payerne, les températures maximales vont stagner à des valeurs extrêmes, oscillant entre 33 et 36°C tout au long de la semaine.

Plus inquiétant encore, le refroidissement nocturne va être fortement limité par la hausse de l’humidité atmosphérique. Les minimales vont ainsi passer de 15°C mardi matin à près de 20°C en fin de semaine, rendant l’air particulièrement lourd et la chaleur difficile à supporter.

Distribution de la pression et de la température vers 1500m pour le 7 juillet.
Photo: MétéoSuisse

«Actuellement, les modèles à long terme prévoient également un mois d’août trop chaud à l’échelle européenne. Bien sûr, de telles prévisions comportent des incertitudes. Mais ce serait une chance si cette tendance météorologique venait enfin à s’inverser», précise le météorologue.

La canicule, jusqu’à quand?

Ce dont la nature a besoin maintenant, ce ne sont pas des pluies torrentielles. «Quelques jours de pluie modérée feraient du bien. Mais si tout tombe d’un seul coup, l’eau s’écoule en grande partie en surface ou dans les égouts», précise Klaus Marquardt.

L’avis de canicule actuel court jusqu’au lundi 13 juillet, mais les météorologues préviennent déjà qu’un prolongement est tout à fait possible pour la semaine suivante. Les graphiques indiquent que des maximales proches de 36°C et des minimales de 20°C pourraient persister. Une incertitude existe pour l’après 16 juillet, avec des modélisations qui oscillent largement entre 25 et 36°C, laissant entrevoir une baisse possible qui sera réévaluée.

Le bilan dressé par Klaus Marquardt est sans appel: «Si la situation météorologique ne change pas fondamentalement, nous nous dirigeons vers l’été le plus chaud depuis le début des relevés.»

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