Les ventes dégringolent
Boudé par les consommateurs, Lindt doit rectifier le tir

Face à la chute de ses ventes en Europe et à la flambée des prix du cacao, Lindt & Sprüngli lancera des formats de chocolat plus accessibles et ajustera ses prix, a déclaré son directeur général ce mardi.
Lindt & Sprüngli lancera des formats de chocolat plus accessibles.
Photo: KEYSTONE
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AFP Agence France-Presse

Le chocolatier Lindt & Sprüngli compte procéder à des «ajustements de prix» et lancer des formats plus abordables pour relancer sa croissance, après une série de hausses de prix qui ont pesé sur ses ventes en Europe, a déclaré mardi son patron.

«Sur les marchés où nous avons vu les réactions les plus marquées de la part des consommateurs aux augmentations des prix, nous allons proposer des corrections de prix ciblées», a affirmé Adalbert Lechner, le directeur général de l'entreprise helvétique, lors d'une conférence téléphonique à l'occasion de ses résultats du premier semestre.

Le groupe entend également lancer, à côté de «l'assortiment existant», des produits en formats plus «accessibles», a-t-il précisé, prenant en exemple les boîtes de pralines Lindor.

Les formats les plus vendus sont les boîtes de 200 grammes et 500 grammes, a-t-il expliqué, mais le groupe compte les décliner davantage en boîtes de 100 grammes ou de 137 grammes pour proposer en rayons des tarifs plus abordables. Comme ses concurrents, le groupe, connu pour ses lapins de Pâques dorés et ses tablettes Excellence, a été confronté à une hausse sans précédent des cours du cacao qui avaient atteint des plus hauts historiques fin 2024, grimpant jusqu'à 12'931 dollars la tonne à New York.

Cours au plus haut

Depuis, les cours se sont détendus par à-coups en 2025 et début 2026, mais évoluent de manière plus erratique depuis le conflit au Moyen-Orient. Début mars, ils se sont brusquement redressés, d'abord face aux craintes pour les engrais dans les plantations de cacao avec le blocage du détroit d'Ormuz, puis en raison d'inquiétudes sur les récoltes avec le phénomène climatique El Niño.

Le 9 juillet, ils ont touché leur plus haut annuel à 6478 dollars la tonne, mais ont depuis lâché un peu de lest, notamment après des données rassurantes pour les pluies en Côte d'Ivoire et au Ghana, les deux plus grands pays producteurs. Lundi, ils tournaient aux environs de 5399 dollars la tonne. Pour compenser la hausse de ses coûts de production, Lindt & Sprüngli a encore relevé ses prix de 11,8% en moyenne à l'échelle du groupe durant le premier semestre. Il les avaient déjà augmentés de 19% en 2025, 6,3% en 2024 et 10,1% en 2023.

Ces augmentations de prix ont dopé sa croissance, ses ventes progressant de 4,3% hors effets de change au premier semestre. Mais les volumes de ventes ont chuté de 7,5%, a-t-il précisé dans un communiqué. Au total, son chiffre d'affaires s'est replié de 0,9% en raison d'effets négatifs de change à 2,33 milliards de francs (2,51 millions d'euros) tandis que son bénéfice s'est accru de 1,5% à 191,7 millions, dépassant les prévisions des analystes interrogés par l'agence suisse AWP qui l'attendaient en moyenne à 161 millions de francs.

Vers une croissance de 4 à 6%

A 14H54 GMT, le bon de participation cédait 2,29% à 9375 francs suisses tandis que l'action, la plus chère de la Bourse suisse, perdait 1,95% à 95'700 francs suisses, les analystes se concentrant surtout sur l'évolution des volumes. Dans une note de marché, Daniel Bürki, analyste à la banque cantonale de Zurich, prévient que cette chute des volumes est une «conséquence directe» des augmentations «significatives» de prix des dernières années, mais que tout l'enjeu sera de parvenir à les redresser «sans faire trop de concessions de prix».

Pour l'ensemble de l'année, le chocolatier suisse a redit viser une croissance de 4% à 6%, contre 6% à 8% habituellement. En mars, il avait abaissé ses prévisions face aux incertitudes concernant l'impact du conflit au Moyen-Orient sur le climat de consommation mais aussi pour ses coûts de production. Dans le détail, ses ventes (hors effets de change) ont bondi de 12,7% en Amérique du Nord mais ont fléchi de 2,1% en Europe. Le groupe évoque notamment une plus grande sensibilité des consommateurs aux prix en Allemagne, au Royaume-Uni et en Suisse.



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