Le Département fédéral de l'économie rejette les dernières accusations formulées par les Etats-Unis concernant les droits de douane punitifs. Parallèlement, Guy Parmelin a exposé mercredi à Paris au ministre américain du commerce, Jamieson Greer, la position de la Suisse sur cette question.
Le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) «prend acte des conclusions et des recommandations du Bureau du représentant américain au commerce (USTR) concernant les enquêtes menées en vertu de l'article 301», indique le département à Keystone-ATS
Dans le même temps, le DEFR rejette «catégoriquement» ces accusations. Au lieu d’une interdiction d’importation, la Suisse privilégie une approche globale qui combine réglementation gouvernementale, évaluations des risques obligatoires menées par le secteur privé et coopération internationale, souligne le communiqué.
Pas de mesures suffisantes
Les Etats-Unis reprochent à la Suisse et à de nombreux autres pays de ne pas prendre suffisamment de mesures contre l'importation de produits fabriqués dans des conditions de travail forcé. Washington propose d'imposer des droits de douane de 12,5% à ces pays, selon un rapport publié mardi par le représentant américain au commerce, Jamieson Greer.
Selon le DEFR, l'«approche globale» de la Suisse est axée sur la prévention et la lutte contre les causes au sein des chaînes d’approvisionnement. Ces approches diffèrent par leur méthode, mais pas par leur objectif ni leur efficacité», précise le département.
La Suisse a déjà clairement communiqué son point de vue aux autorités américaines, a réitéré le DEFR. En conséquence, les conclusions du rapport sont rejetées. L'industrie américaine n'est pas lésée par les pratiques suisses», poursuit-il.
Rencontre à Paris
Le président de la Confédération et ministre de l'économie, Guy Parmelin, a eu l'occasion mercredi de réitérer clairement aux Etats-Unis la position de la Suisse sur la question du travail forcé. En marge de la conférence ministérielle de l'OCDE à Paris, il a rencontré le ministre américain du commerce, Jamieson Greer. Les deux parties continuent leur travail de recherche de solutions, a déclaré M. Parmelin sur les réseaux sociaux à l'issue de la rencontre.
La Suisse examine actuellement le rapport de l’USTR de manière approfondie et va se concerter sur les options d’action et la suite de la procédure, indique la Confédération. Avant toute mise en oeuvre, l'USTR a ouvert un appel à commentaires, jusqu'au 6 juillet, et prévoit des auditions publiques à partir du 7 juillet à Washington.