La Poste suisse est sous pression pour atteindre ses objectifs financiers. Avec une baisse constante du nombre de lettres expédiées, l'entreprise publique perd 85 millions de francs de recettes par an. Le nouveau PDG, Pascal Grieder, en poste depuis novembre 2025, est dans l'obligation d'obtenir des résultats. Pour redresser la situation, il prévoit d'augmenter les tarifs postaux, comme il l'a annoncé dans une interview accordée à la «SonntagsZeitung».
En d'autres termes, les consommateurs devront bientôt débourser davantage pour l'envoi de leur courrier. Les hausses de prix sont inévitables, affirme Pascal Grieder. Pour compenser les pertes de plusieurs millions, «la liberté de jouer sur les prix» est nécessaire. Après tout, si l'on tient compte du pouvoir d'achat, la Suisse affiche les tarifs postaux les plus bas d'Europe.
Il y a quelques mois pourtant, le discours était tout autre. En août 2025, soit avant l’entrée en fonction du nouveau PDG, La Poste avait annoncé une hausse des prix pour l’envoi des petits colis. A compter du 1er janvier, l’envoi de colis économiques coûtait 50 centimes de plus. «Les prix des courriers A et B ainsi que des colis Priority restent inchangés», avait alors précisé les services postaux dans un communiqué. Pascal Grieder semble avoir depuis lors changé d’avis.
Les filiales doivent devenir plus rentables
Le directeur des services postaux a refusé de préciser, lors de son interview, quels envois exactement seraient concernés par les hausses de prix et si les colis seraient également touchés. Il a simplement indiqué que la Poste est en discussion avec le surveillant des prix à ce sujet.
Les économies sont également à l'ordre du jour pour le réseau de filiales de la Poste. C'est pourquoi le prédécesseur de Grieder, Roberto Cirillo, a décidé l'année dernière d'un vaste plan de restructuration. Pas moins de 170 bureaux de poste devraient fermer d'ici 2028. Dans son interview, Pascal Grieder déclare qu'il est essentiel que les offices de poste «atteignent une certaine rentabilité propre». Il ajoute: «Notre réussite dans ce domaine influencera l’évolution du nombre de sites postaux après 2028.»