«Injustes et invalides»
La Fraternité Saint-Pie X dénonce les excommunications du Vatican

La Fraternité Saint-Pie X dénonce les excommunications «injustes et invalides» prononcées mercredi par le Vatican contre six de ses évêques. Le mouvement traditionaliste affirme rester fidèle à l'Église malgré ce qu'il considère un acte injustifié.
La Fraternité a consacré à Ecône des evêques sans l'aval du Vatican.
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AFP Agence France-Presse

La Fraternité traditionaliste Saint-Pie X, dont les six évêques ont été excommuniés mercredi par le Vatican, a regretté vendredi des sanctions «injustes et invalides», tout en assurant de sa dévotion intacte envers l'Eglise catholique. «Nous ne prétendons en aucune manière nous substituer à l'Église et nous n'avons d'autre ambition que de lui demeurer fidèles», a assuré l'abbé italien Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité dans un courrier adressé à Léon XIV et publié sur son site internet.

Jeudi, le Vatican avait confirmé l'excommunication de six évêques de la Fraternité Saint-Pie X, actant le «schisme» avec Rome de ce mouvement traditionaliste qui venait de défier l'autorité du pape en consacrant quatre nouveaux évêques. «Je vous supplie du fond du coeur: revenez sur votre décision !», leur avait auparavant écrit le pape Léon XIV, soulignant qu'en cas d'«acte schismatique», les sacrements - comme le mariage ou la confession - administrés par les évêques ne seraient plus reconnus par l'Eglise catholique.

Fraternité puissante mais minoritaire

Cette communauté fondée par l'évêque français Marcel Lefebvre, forte d'environ 600'000 fidèles dans le monde, avait reproduit mercredi l'acte à portée «schismatique» de la consécration d'évêques qui avait déjà été à l'origine d'une première rupture avec le Vatican en 1988, avant que la sanction ne soit levée en 2009 par Benoît XVI dans un souci d'apaisement. Outre l'excommunication des six évêques, le Vatican a précisé jeudi que les fidèles laïcs qui «adhèrent formellement» à la Fraternité devaient «être tenus pour schismatiques et excommuniés».

«La Fraternité Saint-Pie X Vous promet aujourd'hui de ne pas accueillir ces nouvelles sanctions - objectivement injustes et invalides - dans l'amertume ou la révolte», a assuré dans le courrier publié vendredi l'abbé Pagliarani. Toutefois, ce dernier a estimé que l'initiative de la Fraternité survenait «au milieu de la confusion doctrinale et morale dans laquelle l'Église est plongée». La communauté Saint-Pie X rejette en bloc les évolutions de l'Eglise depuis le Concile Vatican II (1962-1965), qui a profondément transformé l'institution. Elle défend un modèle de société traditionnellement patriarcal et un idéal d'Etat théocratique.

Bien qu'influente dans certains milieux conservateurs, la Fraternité demeure minoritaire au sein de l'Église catholique et ses quelque 1,3 milliard de fidèles. «Notre intention n'est pas d'offrir à l'Église un musée de choses anciennes, mais la tradition intégrale, féconde, source de vie spirituelle, incarnée et vécue dans les âmes», a soutenu l'abbé Pagliarani. «Nous sommes certains qu'un jour Vous-même ou l'un de Vos successeurs voudra faire sien le programme de saint Pie X», a-t-il encore affirmé, tout en interpellant Léon XIX: «malgré Votre récente décision, bénissez-nous comme Vos fils. Pour nous, rien n'a changé et jamais rien ne changera».

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