Blick demande conseil à des experts
Les prix des logements ralentissent, mais la bulle inquiète

En avril, les prix des maisons en Suisse ont légèrement baissé de 0,2%, marquant un ralentissement de l'explosion immobilière. Mais selon UBS, le risque de bulle immobilière continue d'augmenter, atteignant 0,69 point au premier trimestre 2026.
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Actuellement, les prix de l'immobilier n'augmentent plus aussi fortement qu'auparavant.
Photo: Sven Thomann
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Robin Wegmüller

C’est une bonne nouvelle pour les Suisses à la recherche d’un logement! En avril, les vendeurs de maisons individuelles ont proposé leurs biens à des prix inférieurs de 0,2% à ceux du mois précédent. Quant aux appartements en propriété, les prix affichés n’ont progressé que de 0,1%, selon les nouveaux chiffres de l’indice d’achat des sociétés immobilières Iazi et ImmoScout24.

Les prix des logements en propriété ont toutefois continué à grimper au premier trimestre 2026. Depuis le début de l’année, le mètre carré de surface habitable pour une maison individuelle coûte près de 1% de plus, soit actuellement 8018 francs. Pour les appartements en propriété, il atteint 9422 francs, ce qui représente une hausse de 1,4% depuis janvier. 

Là où les prix baissent même

Ce n’est pas la première fois que les prix des logements en propriété ralentissent en Suisse. Mais assiste-t-on au début de la fin de la flambée immobilière? C’est bien possible, estime Martin Waeber, directeur immobilier du Swiss Marketplace Group. «De nombreux ménages atteignent de plus en plus leurs limites financières, explique-t-il à Blick. La demande devient donc plus sélective et les acheteurs potentiels examinent davantage si un bien correspond réellement à leur budget.» 

Les nouveaux chiffres vont dans ce sens. En avril, les prix ont même fortement reculé dans certaines régions très prisées. En Suisse centrale, les maisons individuelles coûtent désormais en moyenne 9836 francs par mètre carré. Il y a un mois encore, ce montant atteignait 10’266 francs, soit une baisse de 4,2%. Sur le Plateau (-1,5%) et en Suisse orientale (-0,6%), les vendeurs s’attendent également à une diminution de la disposition à payer des acheteurs potentiels.

Sur l’ensemble de l’année, une seule région du pays affiche toutefois une correction des prix à la baisse: le Tessin. En avril, le mètre carré d’une maison individuelle y coûtait 5687 francs, soit cinq francs de moins qu’il y a un an. C’est dans la région de Zurich que les prix ont le plus augmenté (+6,5%). Elle est suivie par la région lémanique (+5,5%) et la Suisse centrale (+5,2%). 

Le risque d'une bulle immobilière augmente

UBS tire également la sonnette d’alarme avec de nouvelles données sur l’immobilier. Le risque de bulle immobilière a nettement augmenté au premier trimestre 2026, et ce pour la deuxième fois consécutive. Le «Bubble Index» suisse d’UBS est passé de 0,46 à 0,69 point, soit un bond important au regard des standards historiques. Le risque d’une correction brutale des prix reste considéré comme «modéré» par la banque, mais il se rapproche rapidement du niveau «élevé». A titre de comparaison, l’indice se situait encore à 0,07 point fin 2024.

Selon UBS, cette hausse du risque s’explique notamment par les taux d’intérêt actuellement nuls et le ralentissement économique. L’endettement des ménages a progressé bien plus rapidement que les revenus. La hausse du risque est surtout liée à un facteur: au cours du dernier trimestre, les prix des logements en propriété ont de nouveau augmenté plus vite que les loyers. UBS y voit un «indicateur de l’ampleur de la baisse potentielle des prix et un signe d’exagération». Le rapport entre les prix et les loyers reste toutefois inférieur au record atteint à la mi-2023. 

Que va-t-il se passer maintenant? Les prix des logements vont-ils soudainement chuter? Probablement pas. «L’évolution actuelle des prix ne marque pas un retournement de tendance, mais plutôt une normalisation à un niveau élevé», estime Martin Waeber. «Après des années de hausses extrêmement dynamiques, le marché revient progressivement vers une croissance plus modérée.»


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