Un accord spécial avec l'UE
Un élu PLR veut s’inspirer du modèle danois en matière d’immigration

Malgré le refus de l'initiative de l'UDC, la question de l'immigration n'est pas résolue. Le conseiller aux Etats Damian Müller veut prendre exemple sur le Danemark, qui applique l'une des politiques migratoires les plus restrictives d'Europe.
Le conseiller aux Etats PLR Damian Müller réclame une réforme en profondeur du système d'asile suisse.
Photo: ANTHONY ANEX
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Céline Zahno

Près de 55% de la population a rejeté l’initiative de l'UDC «Pas de Suisse à 10 millions!», mais le débat sur l’immigration est loin d’être clos. Le PLR met déjà la pression sur le ministre de l’Immigration Beat Jans. Dès dimanche soir, le parti a exigé qu’il «passe enfin à l’action» en matière d’asile. «Il ne lui aura sans doute pas échappé que de nombreux Suisses sont mécontents d’une politique d’asile jugée trop laxiste depuis des années», écrit le PLR dans son communiqué.

Le conseiller aux Etats PLR Damian Müller veut désormais passer à l’offensive. Il réclame une réforme en profondeur du système d’asile et prévoit de déposer une motion en ce sens déjà lors de la session d’été. «Il ne faut pas donner l’impression que le rejet de l’initiative de l’UDC a été une victoire facile», affirme-t-il. Selon lui, des mesures ont été promises pendant la campagne. «Nous ne pouvons pas rester les bras croisés.» Il estime aussi qu’une réponse doit être apportée aux personnes qui auraient voté oui par protestation.

Des centres de départ centralisés

Damian Müller souhaite donc une transformation radicale du système d'asile. La politique en la matière doit être systématiquement axée sur la protection temporaire: l'objectif principal n'est pas l'intégration, mais le retour. Le conseiller aux Etats cite le Danemark en exemple: le pays scandinave a orienté l’ensemble de sa politique d’asile dans cette direction, avec satisfaction.

L’élu lucernois propose diverses mesures. Par exemple, les droits de séjour devraient être régulièrement réexaminés et révoqués ou non renouvelés si la situation dans le pays d'origine évolue. La coopération avec les pays d'origine doit être renforcée: si les Etats ne coopèrent pas aux retours, ils pourraient être soumis à des pressions, notamment par le biais de restrictions de visas. Le gouvernement devrait également mieux gérer les retours et le contrôle de l'application de la loi grâce à des centres de départ centralisés, allégeant ainsi la charge des cantons.

«Le Danemark n'est pas un Etat voyou»

Par ailleurs, Damian Müller souhaite imposer des conditions plus strictes au regroupement familial. Il exige une indépendance totale vis-à-vis de l'aide sociale, une maîtrise élevée de la langue et des normes de logement claires. Dans le cadre du système d'asile, les prestations sociales devraient généralement être réduites au minimum vital. «Le Danemark dispose d’une clause dite de non-participation», explique-t-il. «De la même manière, les avoirs supérieurs à un seuil d’environ 1000 francs devraient servir à financer les procédures judiciaires et le séjour..»

Le conseiller aux Etats appelle les partis de centre-droit et de gauche à coopérer. La plupart des points proposés s'inspirent du modèle danois. Il souligne l'importance du respect de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH). «Le Danemark n'est pas un Etat voyou et fait même partie de l'UE », souligne Damian Müller. «Ceux qui critiquent ce système en invoquant la CEDH font totalement fausse route.»

La politique migratoire danoise est considérée comme l'une des plus restrictives d'Europe. Suite à la crise migratoire de 2015, le pays a adopté une approche de plus en plus stricte. Ceci s'explique par un accord spécial négocié par le Danemark dans le domaine judiciaire, ce qui signifie que la politique d'immigration et d'asile de l'UE n'est que partiellement contraignante pour le Danemark.

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