Menace pour l'hiver 2026
La Suisse risque une crise du gaz majeure à cause de la guerre

La guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz menacent l'approvisionnement énergétique de la Suisse pour l'hiver 2026. L'ElCom appelle à un accord énergétique avec l'UE pour éviter une crise majeure.
Le conseiller fédéral Albert Roesti le lundi 16 mars 2026, à Berne.
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

La guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz représentent un risque pour la sécurité de l'approvisionnement en électricité en Suisse pour l'hiver prochain. Du point de vue de l'ElCom, «un accord sur l'énergie est de grande importance» dans cette situation.

Sans cet accord avec l'UE, la Suisse subira une réduction importante des importations d'énergie, a avancé Werner Luginbühl président de la Commission fédérale de l'électricité (ElCom) jeudi devant les médias. «Une telle réduction est hautement problématique», surtout après le black-out subit par l'Espagne et le Portugal en 2025 et les importations élevées de la Suisse l'hiver dernier.

Les centrales à gaz jouent un rôle important dans la sécurité de l'approvisionnement en Europe, a rappelé l'ElCom. Mais les niveaux de stockage de gaz sont actuellement relativement bas en Europe. Et la guerre en Iran laisse planer le doute sur l'ampleur du réapprovisionnement des stocks d'ici le début de l'hiver.

Toutefois, à l'heure actuelle, les prix sur le marché sont nettement inférieurs à ceux observés pendant les années de crise 2021/2022. Cela est dû notamment à deux facteurs, a précisé l'ElCom. Les capacités des terminaux en gaz naturel liquéfié (GNL) sont plus importantes en Europe, qui dispose d'une plus grande flexibilité pour l'importation de gaz. De plus, la disponibilité des centrales nucléaires françaises est exceptionnellement élevée.

Un risque subsiste

Pour l'ElCom, il subsiste toutefois un risque pour l'approvisionnement si la fermeture du détroit d'Ormuz se prolongeait, si les stocks européens n'étaient remplis que de manière limitée ou si l'hiver était particulièrement froid.

En effet, le Qatar représente environ un cinquième du commerce mondial du GNL. En raison de la guerre, les infrastructures peuvent être détériorées. Par ailleurs, cette guerre a une influence sur le prix du gaz qui pourrait temporairement doubler, a averti Urs Meister, directeur du secrétariat technique de l’ElCom.

«Mais le prix élevé n'est pas un signe de pénurie. Les fournisseurs sotn généralement bien couverts.» Par ailleurs, a encore indiqué Urs Meister, «la grande partie de l'énergie pour l'hiver prochain a déjà été achetée. Le risque pour les clients est donc faible.»

Importation en hiver

L'hiver dernier, la Suisse a dû exceptionnellement importer de l'électricité pour couvrir l'arrêt temporaire de la centrale nucléaire de Gösgen (SO). Les importations se sont élevées à 6,8TWh, soit environ un cinquième de la consommation nationale hivernale, a précisé Werner Luginbühl.

«Il est normal que la Suisse importe de l'énergie en hiver, mais cet hiver, elle a été importatrice nette pour l'ensemble de la période d'octobre à mars», a complété Werner Luginbühl. Au cours de l'hiver passé, les importations ont donc fortement contribué à la sécurité de l'approvisionnement. Aucune contrainte technique ou réglementaire n'a limité la disponibilité des capacités d'importation. La Suisse a surtout importé depuis la France.

Les leçons du black-out ibérique

L'ElCom a également tiré les leçons du black-out survenu dans la péninsule ibérique en avril 2025. Le rapport final, à l'élaboration duquel l'ElCom a contribué, montre que plusieurs causes simultanées sont à l'origine de la panne générale.

«Un incident similaire semble aujourd'hui improbable en Suisse en raison de son mix de production spécifique, de sa situation géographique et de sa forte interconnexion internationale», a souligné l'ElCom. Toutefois, il faut prendre en compte les conclusions du rapport.

Il s'agit notamment d'assurer le maintien de la tension lors du développement des énergies renouvelables. Dans ce cadre, l'ElCom souligne la nécessité d'accélérer l'entretien et le renouvellement du réseau de transport d'électricité. Environ 60% des quelque 12'000 pylônes ont entre 50 et 80 ans.

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