L'essence serait trop chère
Les stations-service du Tessin dans le collimateur de la Confédération

Les prix de l'essence le long de l'A2 au Tessin font polémique. Face aux tarifs jugés excessifs, le Surveillant des prix examine le marché, tandis qu'une guerre des prix oppose les stations-service à Bellinzone.
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Au Tessin, le long de l'A2, les prix à la pompe sont extrêmement élevés.
Photo: BRK News
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Bernadette Hogg

Pour de nombreux automobilistes, le passage du Gothard est un véritable cauchemar: les bouchons interminables et la chaleur étouffante gâchent souvent le début des vacances. A cela s’ajoutent les prix élevés du carburant le long de l’A2, notamment au Tessin.

Les stations-service situées au sud du tunnel du Gothard sont régulièrement critiquées pour leurs tarifs jugés excessifs. Récemment, un influenceur a même mis en garde sur TikTok contre ce qu’il présente comme «la station-service la plus chère de Suisse». L’an dernier déjà, la station Socar de l’aire de repos San Gottardo Sud, à Stalvedro (TI), avait provoqué la colère d’un lecteur de Blick. «C’est une arnaque incroyable», avait-il dénoncé.

Au Tessin, les prix des carburants sont généralement plus élevés qu’ailleurs en Suisse. Mais le long de l’axe du Gothard, la différence est particulièrement marquée. Selon le radar des prix de l’essence du TCS, le litre d’essence sans plomb 95 ou de diesel y coûte plus de 50 centimes de plus que la moyenne nationale. Sur un plein, cela représente rapidement une vingtaine de francs supplémentaires.

Face à cet écart important, le Surveillant des prix a décidé d’agir. Il mène actuellement une «observation du marché», comme l’a expliqué Beat Niederhauser, directeur du Surveillant des prix, à CH Media. Concrètement, l’autorité examine de plus près les prix pratiqués dans les stations-service tessinoises situées le long de l’A2.

De nombreuses questions restent ouvertes

Il faudra toutefois attendre avant de connaître les conclusions de cette analyse. «L’étendue de l’enquête et les axes prioritaires de l’observation du marché ne sont pas encore définis», a indiqué Jana Josty, porte-parole du Surveillant des prix, à la demande de Blick. Elle précise qu’il est donc impossible, pour l’instant, de dire combien de temps durera cette surveillance ni comment elle sera menée concrètement. L’évaluation visant à déterminer si les prix sont abusifs ou illégaux sera réalisée au cas par cas.

A terme, plusieurs scénarios sont possibles. Le Surveillant des prix pourrait demander une adaptation des tarifs à l’avenir. En cas d’entente entre entreprises, la Commission de la concurrence (Comco) pourrait également intervenir.

Une guerre des prix à Bellinzone

Ce qui a notamment attiré l’attention du Surveillant des prix, selon CH Media, est la récente offensive du discounter Etzelpark. Fin juin, Michael Knobel, surnommé le «casseur de prix», a ouvert une nouvelle station-service à Bellinzone (TI). Quelques heures seulement après l’ouverture, des concurrents comme Socar ou Coop Pronto ont réagi en abaissant leurs tarifs. A Bellinzone, les prix ont chuté jusqu’à 19 centimes.

Depuis, le rapport de force semble avoir évolué. Près de certains sites Etzelpark, Coop propose désormais des prix inférieurs à ceux du distributeur à bas prix. Michael Knobel soupçonne une stratégie destinée à affaiblir son entreprise. «La concurrence veut anéantir Etzelpark», avait-il déclaré récemment à Blick. Le «casseur de prix» tessinois aurait-il trouvé un adversaire à sa hauteur?

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