Le scandale «Freedom Fuel»
Un employé genevois lié au réseau d'essence bon marché vanté par Trump

Un réseau de 25 stations-service à bas prix fait sensation aux Etats-Unis. Le président américain Trump fait l'éloge de cette chaîne. Derrière «Freedom Fuel» se cachent un entraîneur républicain de la NFL et un ancien collaborateur d'une entreprise genevoise.
1/5
Depuis quelques jours, 25 stations-service «Freedom Fuel» ont ouvert leurs portes en Pennsylvanie et dans le New Jersey.
Photo: AP Photo/Matt Rourke
Mischa_Stünzi_Redaktor Wirtschaft _Blick_3-Bearbeitet.jpg
Mischa Stünzi

Depuis plusieurs jours, un réseau de 25 stations-service proposant du carburant à prix cassé fait la une des médias aux Etats-Unis. Et une question brûle toutes les lèvres: qui tire les ficelles derrière cette publicité au succès fulgurant?

L'essence bon marché fait en tout cas les affaires du président américain Donald Trump. Plus les prix à la pompe s'envolent, plus son camp risque de le payer cher lors des élections de mi-mandat cet automne.

Trump ne s'y est pas trompé! Il a publiquement encensé la chaîne «Freedom Fuel» sur ses réseaux. Un enthousiasme si débordant que certains observateurs ont soupçonné la Maison Blanche – voire le président lui-même – de subventionner en sous-main ces tarifs bradés. L'exécutif a catégoriquement démenti, mais l'identité des véritables propriétaires est longtemps restée un mystère.

Un «fier partisan de Trump»

Le média Politico vient d'apporter des réponses en identifiant les visages derrière cette entreprise, qui se présente comme «privée et fièrement patriotique».

Les noms de Randy Brown et Yoni Gontownik apparaissent sur les documents fondateurs de la société. Randy Brown est une figure connue du sport américain: il entraîne les special teams de l'équipe de football américain des Baltimore Ravens, en charge des phases de coup de pied.

Cet engagé républicain a également été maire d’Evesham Township, dans le New Jersey, et a caressé à plusieurs reprises l'ambition de briguer un mandat de gouverneur ou un siège au Congrès. Selon le New Jersey Globe, Randy Brown se décrivait encore récemment sur Facebook comme un «fier partisan de Donald Trump».

Ex-collaborateur d’une boîte genevoise

Son associé, Yoni Gontownik, est un ex-trader spécialisé dans les matières premières. Il a notamment travaillé pour la firme genevoise Mercuria, l’un des plus grands négociants en énergie de la planète, et s’est souvent illustré comme donateur pour la cause pro-israélienne et le Parti républicain.

Politico cite un troisième homme: Shamikh Kazmi. Cet homme d’affaires exploite 17 stations-service dans le New Jersey, dont cinq ont été intégrées sous la bannière «Freedom Fuel». 

Les ventes ont doublé

Les stations du réseau affichent l'essence à 3,47 dollars le gallon (environ 3,78 litres), soit environ 74 centimes le litre. Un tarif inférieur de près de 50 cents à la moyenne nationale, même si le gallon ne coûtait en moyenne que 3,14 dollars un an plus tôt. Selon la presse américaine, la chaîne aurait toutefois déjà réajusté ses prix quelques jours après son lancement pour les porter à 3,57 dollars.

Le coup de pub présidentiel a quoi qu'il en soit fonctionné: «Freedom Fuel» affirme que la demande a «explosé». Dans certains points de vente, le volume des ventes aurait tout simplement doublé en quelques jours.


Articles les plus lus