Le canton du Jura affronte une situation qualifiée de critique au niveau du danger d'incendie. Les risques d'embrasement sont particulièrement importants aux lisières des forêts qui sont très sèches.
Des incendies sur des surfaces aussi importantes que ceux qui ravagent une partie de la Gironde sont quasi impossibles en Suisse, car le terrain est beaucoup plus morcelé. «Par contre des massifs d'un seul tenant qui partiraient en fumée, cela est possible», estime Eric Wuillemin, collaborateur scientifique à l'Office jurassien de l'environnement.
Un atlas forestier est en préparation pour indiquer aux services d'incendie si tel ou tel chemin est accessible pour chaque type de véhicule. Il va également répertorier les points d'eau pour les hélicoptères. Le principal obstacle est souvent l'accessibilité sur les lieux du sinistre comme ce fut le cas pour l'incendie de forêt survenu aux Roches-de-Moron, dans le canton de Neuchâtel.
Des mesures globalement respectées
«Le risque est là», souligne Eric Wuillemin qui tient à souligner que les mesures qui sont prises par le Gouvernement ou par l'Office de l'environnement pour prévenir un incendie sont globalement très bien respectées.
Pour évaluer le risque de propagation du feu en période de grande sécheresse, l'Office jurassien de l'environnement procède quasi quotidiennement à un test. «On regarde d'abord l'état de la couche d'humus pour savoir si c'est humide ou sec. Après on regarde les dix premiers centimètres du sol.» Quand il y a un doute entre sec et très sec, il y a un troisième test qui consiste à essayer d'embraser la litière. Un test qui n'est actuellement pas nécessaire.