Il avait encore toute la vie devant lui et faisait ses premiers pas dans le monde professionnel. Mais un trajet en car postal a brutalement mis fin à son existence. Mardi soir, Fabian Keller se trouvait à bord d’un bus lorsqu’un homme, Roger K.*, s’est aspergé de liquide inflammable avant de s’immoler. L’incendie a entraîné la mort de six personnes, dont celle du jeune homme de 16 ans.
«Il est parti beaucoup trop jeune», confie sa mère, Regula Keller, vendredi à Blick. Mardi, Fabian Keller venait d’effectuer sa deuxième journée d’essai dans le cadre d’un apprentissage de menuisier à Courtepin (FR). Sur le chemin du retour, il est monté dans un car postal à Gurmels (FR). A bord se trouvait déjà Roger K., qui était monté auparavant à Guin (FR).
«C’est là que j’ai compris que quelque chose n'allait pas»
C’est finalement à Chiètres (FR) que le drame s’est produit. Fabian Keller n’aurait dû parcourir que 200 mètres de plus avant de descendre du bus. Mardi soir, Regula Keller a reçu un appel du foyer pour jeunes où son fils était hébergé. On lui a annoncé que Fabian Keller était porté disparu. «Au début, nous avons pensé qu’il était peut-être simplement blessé. Mais ensuite, on nous a dit qu’il ne figurait pas sur la liste des blessés. C’est là que j’ai compris que quelque chose n'allait pas.»
Depuis, la mère dort à peine. «C’est vraiment triste qu’il ait perdu la vie d’une façon aussi brutale», dit-elle, le regard baissé. La veille encore, Fabian Keller était plein d’enthousiasme. Après sa première journée d’essai dans l’entreprise de menuiserie, lundi, il l’avait immédiatement appelée. «Il m’a raconté en appel vidéo que tout s’était très bien passé et qu’il pourrait se rendre sur le chantier la semaine suivante. Il était tellement heureux. Et puis, le lendemain, il se passe quelque chose comme ça.»
Il n’a roulé qu’une seule fois avec son scooter
La tristesse et la perte sont difficiles à supporter. Il y a cinq ans déjà, Regula Keller avait perdu son mari, emporté par un cancer. Aujourd’hui, son fils unique n’est plus. Elle trouve désormais du soutien auprès de son compagnon, Viktor Maradan, et dans les souvenirs de Fabian Keller.
«En France, il aimait se promener dans les champs avec son tracteur. Il avait même passé un examen pour cela. Il maîtrisait le tracteur mieux que moi», raconte-t-elle avec un léger sourire. Mais certains souvenirs sont aussi douloureux. A Noël, Fabian Keller avait reçu un scooter en cadeau. «Mais il n’a pu rouler qu’une seule fois avec, quand il faisait beau.»
Regula Keller montre également à Blick les médailles que son fils avait remportées lors d’un camp de ski à Saas-Fee (VS). «Il s’amusait tellement dans la neige. Pour lui, la vie commençait vraiment à bien démarrer», raconte-t-elle, les larmes aux yeux. «Il se réjouissait beaucoup de l’arrivée du printemps. Et maintenant, il est parti. Beaucoup trop tôt. C’est tellement soudain que nous n’arrivons toujours pas à y croire.»
*Nom connu de la rédaction.