Drame de Chiètres
Le suspect décédé s'était retranché dans un bâtiment de la SRF en 2019

Le profil du suspect décédé du tragique incendie de Chiètres se fait de plus en plus précis. L'homme s'était retranché dans un bâtiment de la SRF en 2019.
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Six personnes meurent. Parmi elles, l'auteur présumé du crime.
Photo: dr
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Nicolas Lurati, Sandro Zulian, Beat Michel, Sebastian Babic et Qendresa Llugiqi

Mardi, peu avant 18h30, l'inconcevable s'est produit à Chiètres (FR). Un homme s'est aspergé de liquide inflammable dans un car postal et s'est immolé par le feu. Six personnes sont décédées, dont l'auteur.

L'enquête de Blick révèle aujourd'hui de nouvelles informations concernant son profil: car ce n'est pas la première fois que l'auteur présumé fait parler de lui et fait peur au public.

Retranché dans le bâtiment de la SRF

L'homme avait contacté la rédaction de nos collègues de Blick en Suisse alémanique en 2020. Dans son mail, il disait être responsable d'un incident qui avait fait la Une des journaux. «Le jour en question, je me suis retranché dans le bâtiment de la SRF à Berne», écrivait-il.

Que s'était-il passé? Un lundi matin d'août 2019, un homme s'était introduit dans le bureau de poste du bâtiment de la SRF dans le quartier de Monbijou à Berne. Il y avait menacé de s'en prendre à lui-même. La police l'a maîtrisé dans le courant de la matinée. Une ambulance l'a transporté à l'hôpital mais personne n'a été blessé.

«Avant de pouvoir partir en paix»

«Je suis gravement atteint d'une myopathie et j'ai travaillé toute ma vie», racontait-il dans son message à Blick à l'époque. «Maintenant, j'aimerais vivre mes dernières volontés avant de pouvoir partir en paix». Il indiquait dans son courriel qu'il travaillait dans un programme de travail dans le canton de Fribourg.

Puis vint le mardi de cette semaine à Chiètres: cette fois-ci, il ne s'est pas seulement fait du mal à lui-même, mais aussi à beaucoup d'autres personnes. Vers 17h45, il monte dans le car postal à Guin (FR). Il se rend à Chiètres. A 18h25, l'homme de 65 ans s'asperge d'essence dans le véhicule, s'enflamme et le feu se propage rapidement dans le bus causant la mort de six personnes, dont la sienne.

Aucun indice préalable au passage à l'acte

Le lendemain de l'acte commis à Chiètres, la police écrit que l'incendiaire pourrait être une «personne psychiquement instable» dont la disparition a été signalée par sa famille. Après cette annonce, la police avait lancé des recherches afin d'obtenir des indices sur une éventuelle mise en danger de soi ou d'autrui. Mais de tels indices n'existaient pas à l'époque.

La police bernoise a également indiqué jeudi qu'au moment de sa disparition, il n'y avait apparemment pas d'indices d'une éventuelle mise en danger.

«Nous pouvons confirmer que le cas mentionné est connu de la Kesb», assure Rahel Rohr, présidente de l'autorité de protection de l'enfant et de l'adulte Oberland West. Il s'agit d'une curatelle dans des affaires administratives. «La mise en danger de soi-même ou d'autrui n'était pas à l'ordre du jour», explique-t-elle.

Le bailleur résilie l'emplacement de camping-car de K.

Le sexagénaire vivait dans un camping-car, dans un hameau proche d'Aarberg (BE) où il a loué un emplacement. C'est ce que rapporte le «Tages-Anzeiger» le jeudi soir. Sa boîte aux lettres est complètement remplie, entre autres de convocations et de poursuites. Un curateur avait justement pour mission d'assumer des tâches administratives pour lui.

En janvier de cette année, il a subi un coup dur. Le bailleur résilie son emplacement de camping-car, poursuit le «Tages-Anzeiger». Fin mars, le sexagénaire aurait dû partir. Il n'en fut rien: le 10 mars, il a mis fin à ses jours.

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