Elle continue d'exercer la médecine malgré les accusations d'incompétence proférées à son égard et une interdiction d'exercer dans le canton de Schwytz. Et ce n'est pas fini: dans une interview accordée à Blick, d'anciennes employées critiquent non seulement la médecin généraliste, Susanne E., pour ses lacunes professionnelles, mais aussi pour ses erreurs comme employeuse.
Elles affirment que des salaires n'auraient pas été versés et que des contrats auraient été brutalement interrompus. Elles évoquent également une attitude inappropriée. La situation aurait dégénéré, menant jusqu'une intervention de la police au cabinet médical. Enfin, elles ne comprennent pas non plus une telle inaction des autorités.
La police a dû intervenir
Sarah* est l'une des premières assistantes à avoir été embauchée après l'ouverture du cabinet à Bienne en janvier 2026. «J'ai 40 ans d'expérience professionnelle et je n'ai jamais eu de patron qui sache aussi mal gérer un cabinet.» Son contrat de travail a été de courte durée: dès son premier jour, le 5 janvier 2026, la responsable a remis à Sarah et à sa collègue un avis de licenciement sans préavis. «Elle a dit que j'étais paresseuse et incapable de travailler», raconte-t-elle.
A la suite de leur licenciement, Sarah et sa collègue ont souhaité s'inscrire au chômage. Mais pour cela, il leur fallait une attestation de travail délivrée par Susanne E. Or, selon Sarah, cette dernière a refusé de la leur faire. «Elle a prétendu que nous n'avions jamais travaillé pour elle», explique Sarah. Face à l'insistance des deux femmes, la situation a dégénéré. «Elle s'est mise à hurler, a enfermé ma collègue dans le bureau et en est même venue aux mains», raconte Sarah, avant d'ajouter: «J'ai dû appeler la police!»
Les agents ont tenté, en vain, de clarifier la situation, avant d'escorter Sarah et sa collègue vers la sortie. Blick a pu consulter le procès-verbal de la police cantonale bernoise relatif à cette affaire. La médecin ne s'est pas présentée au rendez-vous fixé devant l'instance de conciliation mais a fini par délivrer, à contrecœur, le certificat tant convoité. «C'était un désastre», résume Sarah.
Dettes impayées
En mars 2026, Silvia*, infirmière de 34 ans, a elle aussi brièvement travaillé pour la docteure, qui lui avait promis un bon salaire. Mais cette collaboration n'a duré que quelques semaines et s'est terminée dans la discorde. «Tu es incompétente, tu es folle et tu as essayé de m'exploiter», fulmine Susanne E. dans un e-mail consulté par Blick.
Mais c'est tout le contraire, affirme Silvia: «Je n'ai pas touché un centime de sa part.» Résultat: ses créances s'élèveraient à près de 9000 francs. «C'est une somme considérable qu'il nous manque à ma famille et à moi», confie la mère de famille. Elle a déjà signalé ces irrégularités de paiement à l'autorité cantonale de surveillance. Blick a pu consulter le courrier.
De plus, le médecin aurait refusé de remplir les formulaires nécessaires à l'obtention d'allocations familiales, raison pour laquelle celles-ci ne sont pas versées. «Cela représente 400 francs de plus pour moi», explique Silvia.
Sarah soupçonne un schéma récurrent: «Elle se débarrasse toujours de ses employés juste avant le jour de paie, en les harcelant ou en les licenciant, pour ne pas avoir à leur verser leur salaire.» Les anciens employés de Susanne E. se sont regroupés sur WhatsApp; ils sont 12 en tout. «Au total, elle nous doit plus de 40'000 francs de salaire», affirme Sarah.
Plainte pénale déposée pour diffamation
Hanna*, 27 ans, devait commencer à travailler au cabinet de Susanne E. en juin 2026. Mais cela ne s'est finalement jamais produit. Ce qui ne l'a pas empêchée de vivre une expérience fort désagréable avec la médecin. «Le jour où nous avions convenu que je viendrais signer mon contrat, il y avait des patients. Alors, elle m'a tout simplement fait travailler quatre heures sans me payer», raconte-t-elle.
Une autre ex-employée a même déposé une plainte pénale contre la médecin pour diffamation, calomnie et insulte. Blick a pu en obtenir une copie.
Pendant ce temps, la médecin continue de chercher du nouveau personnel. Elle a publié une annonce sur le portail praxisstellen.ch. «Je conseille à tous mes confrères de ne rien signer là-bas», met en garde Silvia, avant d'ajouter: «Tout comme je conseille à tous mes patients de se trouver un nouveau médecin généraliste.» Susanne E. n'a pas souhaité commenter ces accusations auprès de Blick.
*Noms d'emprunt