Achetée en Italie
Une polémique éclate sur la compote de pommes étrangères à l'armée suisse

La compote de pommes italienne commandée par l’armée suisse pour 670’000 francs fait polémique. La Fruit-Union Suisse et une partie du lectorat critiquent le choix d’une entreprise étrangère au détriment des producteurs du pays.
1/2
L'armée suisse a contracté une offre à 670'000 francs pour acheter des pommes en Italie.
Photo: Keystone
RMS_Portrait_AUTOR_938.JPG
Sarah Riberzani

Les cornettes à la viande hachée accompagnées de compote de pommes font partie des grands classiques servis à l’armée, une spécialité culinaire bien connue chez nos amis suisses allemands. Mais pour produire sa compote, l’armée n'utilise pas des pommes locales. Le contrat pour les prochaines années, d’un montant de 670’000 francs, a été attribué à l’entreprise italienne Melinda. Une décision qui fait débat. 

La Fruit-Union Suisse (organisation faîtière nationale des arboriculteurs) déplore qu’un produit comme la compote de pommes ne soit pas fabriqué à partir de matières premières suisses. De son côté, l’armée invoque la législation sur les marchés publics. Le prix, la qualité et le respect du cahier des charges sont déterminants. Par ailleurs, seules deux offres ont été déposées. Parmi elles, l’entreprise italienne «a été la seule à soumettre une offre valable», précise l’armée.

La compote de pommes fait débat

L’importation de cette compote fait également réagir le lectorat de Blick. De nombreuses lectrices et de nombreux lecteurs reprochent à l’armée de ne pas privilégier davantage les produits suisses. «Cela affaiblit notre secteur fruitier national!», déplore un lecteur.

Un autre lecteur s’indigne lui aussi de cette contradiction de la part de la Confédération. «La Confédération importe les aliments destinés à l’armée, mais réduit la franchise douanière accordée aux particuliers pour leurs achats à l’étranger. C’est vraiment incroyable et c’est un véritable coup de pied aux fesses de la population!»

«Il ne sert à rien de s’en prendre à l’armée, car ce n’est pas sa faute! Une fois de plus, c’est aux responsables politiques de changer les règles, par exemple en donnant la priorité aux produits suisses!», nuance un troisième lecteur, malgré sa frustration envers cette décision controversée.

«L’essentiel, c’est qu'elle soit bonne»

Parallèlement, d'autres lecteurs se montrent moins critiques à l'égard de cette importation. Ils estiment qu'en fin de compte, le prix et la qualité sont les facteurs déterminants. «Peu importe d'où vient la compote. L'essentiel, c'est qu'elle soit bonne. De plus, le fournisseur local a soumis une offre non conforme», écrit un lecteur.

«L’origine de la compote de pommes (Suisse ou Italie) n’est pas cruciale», abonde un autre. L’essentiel est que l’armée reçoive un produit de qualité à un prix juste. «Si un fournisseur étranger répond mieux aux exigences de l’appel d’offres, il n’y a aucun inconvénient à le prendre en considération.»

Articles les plus lus