«Ce n'est plus aussi facile», reconnaît-il à Zurich, à l'occasion d'une journée organisée pour la presse par son équipementier Salomon. Il faut dire que le skieur valaisan revient de loin. En décembre 2024, une violente chute lors de la descente de Beaver Creek lui avait causé une commotion cérébrale ainsi que plusieurs contusions au visage et à l'épaule. Deux mois plus tard, il avait dû se résoudre à mettre un terme à sa saison.
Depuis, Arnaud Boisset tente de retrouver sa place au sein d'une équipe de Suisse particulièrement dense dans les disciplines de vitesse. Et la concurrence ne lui a pas facilité la tâche. «Je ne pouvais pas revenir après douze mois d'absence et être immédiatement à mon meilleur niveau. Il me fallait du temps. Mais je ne l'ai pas eu, car les autres me mettaient constamment sous pression.»
Même lorsqu'il a commencé à retrouver de bonnes sensations à l'entraînement, les occasions de faire ses preuves en compétition ont été rares. En mars dernier, il a finalement pu prendre le départ à Courchevel, où il a décroché une encourageante 13e place. De quoi confirmer qu'il avait encore sa place parmi les meilleurs.
Mais cela ne lui garantit rien pour autant. Dans deux semaines, les spécialistes suisses de vitesse se retrouveront à Zermatt pour une première sélection interne. L'objectif? Décrocher une place dans le groupe appelé à disputer les épreuves de Coupe du monde. Marco Odermatt, Franjo von Allmen, Alexis Monney, Stefan Rogentin et Justin Murisier disposent déjà d'un billet. Pour les autres, il faudra batailler. La sélection définitive pour la première descente de l'hiver, à Beaver Creek, se fera lors d'un entraînement sur place.
Retrouver sa place
«Je veux retrouver ma place en Coupe du monde. C'est mon objectif principal», insiste Arnaud Boisset. Le Valaisan ne cache toutefois pas une certaine frustration face à la densité de l'équipe helvétique. «En Autriche ou en France, je serais probablement assuré d'y participer.» La concurrence promet d'ailleurs d'être tout aussi féroce en vue des Championnats du monde de Crans-Montana, où la Suisse ne pourra aligner que quatre représentants en descente. Pas question pour autant de souhaiter du mal à ses coéquipiers. «Je ne veux pas prendre la place d'un autre. Je veux récupérer la mienne.»
Si les sélections ne tournent pas en sa faveur, Arnaud Boisset devra probablement se rabattre sur la Coupe d'Europe pour tenter de retrouver sa place à l'échelon supérieur. Une perspective qui ne l'enchante guère. «Je ne suis pas un skieur de Coupe d'Europe», tranche-t-il. Au-delà du niveau sportif, un retour dans l'antichambre de l'élite aurait également des conséquences sur sa visibilité. Les courses y attirent nettement moins l'attention, notamment médiatique, ce qui réduit aussi les possibilités de séduire des sponsors.
Une saison qui pourrait être décisive
Pour l'heure, Arnaud Boisset refuse d'envisager la retraite. Mais à 28 ans, il sait que le temps ne joue pas forcément en sa faveur. Et il n'exclut pas de devoir se poser des questions difficiles si la situation ne s'améliore pas. «Si, à la fin de la saison, j'ai tout donné, que j'étais en forme et que les résultats ne suivent toujours pas, je devrai peut-être accepter que c'est terminé.»
Avant d'en arriver là, le Valaisan aura une première occasion de faire mentir les pronostics à Zermatt. Avec un objectif très clair: prouver qu'il mérite toujours sa place au plus haut niveau.