Plusieurs heures avant le départ du premier coureur pour le prologue du Tour de Romandie, des nuées de fans déambulaient déjà dans les paddocks, entre les bus des différentes équipes. On tentait d'y gratter un bidon aux mécanos de la Bahreïn ou l'on bavait devant les vélos d'exception de la Tudor. Mais surtout, on y cherchait Tadej Pogacar: Pokémon le plus rare et légendaire du peloton.
«On a récolté deux vents»
Devant le bus de l'équipe UAE, des dizaines d'admirateurs de l'athlète slovène ont fait le pied de grue toute la journée. Après la reconnaissance du parcours, en milieu d'après-midi, une voiture UAE arrive vers le bus. «Il est dedans! À l'arrière», s'excite un jeune admirateur. Quelques secondes après, «Pogi» rejoint son QG à vélo. «Ah bah non, il n'était pas dedans», rigole le jeune lanceur de fausse alerte.
Puis, Tadej Pogacar disparaît, dans l'enclos UAE. Derrière les barrières, on guigne, on scrute, attentifs au moindre détail qui permettrait d'apercevoir un bout de mollet de la plus grande star du cyclisme mondial. «On sait qu'il est là», s'encourage Nolan, 11 ans, qui croit savoir que le Slovène tourne les jambes sur le «rouleau», caché derrière une tente opaque et un minibus UAE. «On l'a vu deux fois aujourd'hui, on a récolté deux vents», continue le jeune fan, qui n’a pas encore réussi à avoir son autographe ni sa photo. Le coureur slovène est «[son] deuxième préféré, après Marc Hirschi». Le Suisse s’étant fracturé la clavicule sur la Flèche Wallonne, il entièrement dédié à «Pogi».
«Pas la ruée vers l'or»
Le jeune membre du Vélo-Club Fribourg reste encore un peu, parle stratégie avec un copain: faut-il mieux attirer l'attention un membre du staff ou sauter la barrière? Mais les grands projets attendront et ils filent chasser de nouveaux Pokémons rares: «Lipowitz ou Roglic!».
Il n’y en avait pas (complètement) que pour «Pogi» dans ce prologue du Tour de Romandie. À 150 mètres de la ligne d’arrivée se dressait un immense drapeau portugais. Claudio, 30 ans, l’a installé dès 11h, à proximité du «Mini Mercado Girassol», une épicerie suisse-portugaise tenue par sa sœur et son beau-frère. Le Fribourgeois est venu soutenir Ivo Oliveira, seul Portugais engagé sur ce Tour de Romandie 2026. «C’est important de représenter la communauté portugaise», nous explique celui qui soutient les siens partout où il peut aller. L’an dernier, il avait pu vibrer avec la victoire finale de Joao Almeida. «Ce sont des coureurs qu’on admire beaucoup», continue-t-il. Lors de ce prologue, il aura vu Ivo Oliveira prendre la première place provisoire, à quelques centaines de mètres de son virage. Avant de finalement terminer deuxième.
Pour autant, Claudio doit avouer être très admiratif de Tadej Pogacar. «Pour moi, c’est le numéro 1», glisse-t-il. Comme quoi, la «Pogimania» a même atteint le «Virage portugais».
Il n’y en avait pas (complètement) que pour «Pogi» dans ce prologue du Tour de Romandie. À 150 mètres de la ligne d’arrivée se dressait un immense drapeau portugais. Claudio, 30 ans, l’a installé dès 11h, à proximité du «Mini Mercado Girassol», une épicerie suisse-portugaise tenue par sa sœur et son beau-frère. Le Fribourgeois est venu soutenir Ivo Oliveira, seul Portugais engagé sur ce Tour de Romandie 2026. «C’est important de représenter la communauté portugaise», nous explique celui qui soutient les siens partout où il peut aller. L’an dernier, il avait pu vibrer avec la victoire finale de Joao Almeida. «Ce sont des coureurs qu’on admire beaucoup», continue-t-il. Lors de ce prologue, il aura vu Ivo Oliveira prendre la première place provisoire, à quelques centaines de mètres de son virage. Avant de finalement terminer deuxième.
Pour autant, Claudio doit avouer être très admiratif de Tadej Pogacar. «Pour moi, c’est le numéro 1», glisse-t-il. Comme quoi, la «Pogimania» a même atteint le «Virage portugais».
Tadej Pogacar n'est pas seulement l'idole des jeunes, il l'est aussi des moins jeunes. Sébastien, 28 ans, tient un maillot de l'équipe UAE et un marqueur à la main. «Je suis un peu en mission pour le faire signer», concède cet Yverdonois, empathique des conséquences que peuvent avoir la médiatisation de cette «icône» du cyclisme. «Les autres bus, c'est pas la ruée vers l'or», constate-t-il.
Venus de Slovénie pour supporter leurs légendes
Sur la ligne de départ, à quelques minutes du départ du premier coureur, plusieurs drapeaux slovènes sont repérables. Ils appartiennent à la famille de Smiljan, venue à quatre pour supporter les leurs sur le tour de Romandie.
«J'ai l'impression qu'on va avoir une compétition nationale entre nos deux Slovènes sur ce tour», glisse le papa de 51 ans, à propos de la présence de Tadej Pogacar et Primoz Roglic. Son favori, à lui, reste le deuxième nommé. «J'espère la victoire de Roglic. C'est le premier cycliste slovène à avoir atteint ce niveau», déclare-t-il. Smiljan constate aussi la popularité de Tadej Pogacar en Suisse romande: «Il a aussi beaucoup de fans ici. C’est une légende partout!»
Finalement, les autographes
Pendant que les concurrents de Tadej Pogacar roulent, des dizaines d'admirateurs sont encore agglutinés autour du bus de l'équipe UAE. Ils regardent leur idole tourner les jambes en pianotant sur son téléphone, AirPods dans les oreilles.
Certains se demandent s'ils ne sont pas fous, à regarder un athlètes s'échauffer, sans que rien d'autre ne se passe, pendant que la course se déroule. Mais ils sont là, les yeux toujours vissés sur le champion slovène. Puis, Tadej Pogacar se lève, enfourche son vélo de course et file vers la ligne de départ, suivi par quelques cyclistes amateurs trop heureux de pouvoir rouler quelques mètres avec.
Au moment de son départ, le dernier de la journée, le speaker s'égosille, le public acclame. Tadej Pogacar est finalement battu par Dorian Godon, pour 7.17 secondes. À nouveau, c'est la course jusqu'au bus pour espérer obtenir un autographe. Les plus chanceux (et patients) y auront droit, après le décrassage. Tadej Pogacar a fait le job, Villars-sur-Glâne a vécu la «folie Pogi». Elle fera le tour de la Suisse romande dans les prochains jours, suivant le bien nommé Tour de Romandie jusqu'à dimanche.