Un Tour de Romandie «neutre»
«On ne voulait pas brader le sponsor du maillot jaune»

L'édition 2026 du Tour de Romandie va se disputer sans un sponsor sur le maillot jaune. Directeur de la manifestation, Richard Chassot explique les coulisses de cette anomalie.
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Richard Chassot est le patron du Tour de Romandie.
Photo: keystone-sda.ch
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Matthias DavetJournaliste Blick

Le dimanche 3 mai prochain, une image risque bien de faire le tour de la planète cyclisme: Tadej Pogacar, triomphant pour la première fois sur le Tour de Romandie, maillot jaune sur les épaules. Le Slovène est l'immense favori de la course à étapes qui débute mardi, à Villars-sur-Glâne (FR). Cela aurait dû provoquer un boost de visibilité important pour le sponsor du classement général… sauf qu'il n'y en aura pas.

Entre 2019 et 2025, le logo d'un fromage vaudois était toujours présent sur le chandail porté par, entre autres, Primoz Roglic, Geraint Thomas ou Adam Yates. Pas cette année, puisque la collaboration a pris fin. Logiquement, Richard Chassot et son équipe se sont mis à la recherche d'un nouveau sponsor pour leur maillot jaune. En vain.

L'une des causes principales de cet échec se situe autour du marché suisse, et principalement romand. «On est que 2,5 millions de personnes et, pour certaines marques, c'est trop petit, souffle le directeur du Tour de Romandie. Certes, il y a une visibilité à l'étranger, mais pour un sponsor local, il est difficile de s'identifier à cela car il veut vendre à l'endroit où a lieu l'événement.»

La concurrence ailleurs

Sauf que le marché en Romandie est extrêmement saturé en ce printemps 2026. Les clubs de hockey (Fribourg, Genève, Lausanne, Bienne, Ajoie, La Chaux-de-Fonds et Sierre) sont toujours présents, tout comme ceux de football (Servette, Lausanne et Sion). Le championnat du monde de hockey sur glace mi-mai, entre Fribourg et Zurich, attire également beaucoup d'argent. «C'est fantastique pour le sport romand, mais ça complique les choses», appuie Richard Chassot.

«Surtout, il ne faut pas oublier que la Romandie n'existe pas et est un concept. On n'a pas de gouvernement, pas d'office du tourisme, etc. Je pense que notre Tour est le seul qui parle de la Romandie à 25 millions de personnes dans le monde», ajoute-t-il. Tradition oblige, Richard Chassot et son équipe ne veulent pas changer de nom pour tenter d'attirer plus de sponsors.

300'000 à 500'000 francs

Toujours est-il que ne pas avoir de sponsor sur son maillot principal risque de faire un trou dans le budget de 5 millions. «Selon la stratégie, le sponsoring pour le maillot jaune est entre 300'000 et 500'000 francs, révèle Richard Chassot. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne voulait pas brader ce prix. On a reçu des offres de dernière minute à 50'000 francs, mais par parité pour tous les partenaires, on a refusé.»

Pour le moment, les organisateurs ne s'inquiètent pas pour la pérennité de leur manifestation. «Mais il faut rapidement qu'on ait un nouveau partenaire», prévient son patron. Toujours est-il que, avec les éventuelles photos de Tadej Pogacar, maillot jaune sur les épaules, la campagne de recherche de sponsors pourrait être un poil plus évidente la saison prochaine.

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