«J'étais complètement abattu»
Stefan Küng revient de mois très difficiles et aborde la Vuelta avec confiance

Stefan Küng revient en force après sa grave chute en Belgique! Le Thurgovien de 32 ans compte bien se battre «parmi les premiers» lors du contre-la-montre d'ouverture de la Vuelta à Monaco. Ceci après avoir remporté une victoire émouvante en Pologne voilà deux semaines.
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Stefan Küng a surmonté la fracture du fémur dont il avait été victime en février. Va-t-il briller à la Vuelta?
Photo: IMAGO/PsnewZ
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Mathias Germann

Tout ressemble à d’habitude. Stefan Küng est assis dans une chambre d’hôtel, son ordinateur portable devant lui. Il échange avec des journalistes en visioconférence. À la veille de son 14e Grand Tour, il annonce: «Je veux être dans le groupe de tête. Tout devant.» Il fait référence au contre-la-montre inaugural de la Vuelta, à Monaco. Mais à 32 ans, pour Stefan Küng, presque rien n’est comme d’habitude.

Il y a six mois, le Thurgovien a chuté lors d’une course en Belgique. Rien de grave en apparence, si ce n’est qu’il est tombé directement sur la hanche. «C’est vraiment bête», dit-il. Le verdict: une fracture du fémur droit.

«Dans ce genre d’accident, d’autres coureurs se relèvent avec une fracture de la clavicule et sont de retour quelques semaines plus tard. Mais avec moi, c’est toujours quelque chose de particulier. J’ai eu du mal à l’accepter.»

De fait, certains coureurs ne retrouvent jamais leur niveau d’avant après une blessure de ce type. Certains ont même dit à Stefan Küng que son retour pourrait facilement prendre deux ans. Une perspective qui l’a profondément affecté. «J’ai 32 ans, je n’ai plus dix ans devant moi.»

Il pouvait à peine marcher

Une opération n’était pas nécessaire — elle n’aurait de toute façon rien résolu. L’os devait se ressouder naturellement. Dans un premier temps, Stefan Küng est resté cloué au lit, puis à son canapé. Ensuite, il a dû réapprendre à marcher. «Je ne pouvais même pas faire 200 mètres avec mes béquilles. Émotionnellement, j’étais au plus bas. J’avais l’impression que la flamme s’était éteinte. Je ne me voyais plus dans le monde du cyclisme.»

Mais Stefan Küng n’était pas seul. Son épouse Céline, son équipe Tudor Pro Cycling et son kinésithérapeute lui ont redonné confiance. Ils l’ont soutenu et aidé à tenir le coup. «Mais il aurait aussi pu arriver que mon corps dise 'stop', par exemple en développant des inflammations.»

Ce qui ne s’est heureusement pas produit. Stefan Küng a progressé régulièrement, sans connaître le moindre contretemps. Fin juin, il a fait son retour à la compétition. Et il y a deux semaines, il a remporté le contre-la-montre du Tour de Pologne. Une victoire qui lui a donné les larmes des yeux. «Je n’ai remporté aucune course en 2025 ni en 2026. Et voilà que cela m’arrive maintenant, après cette chute. C’est un immense soulagement »

Il a immédiatement appelé sa femme, puis son kinésithérapeute. «Ils ont joué un rôle énorme dans ma réussite.»

Tadej Pogacar — ou un autre?

Stefan Küng parle ouvertement de ce qu’il a vécu. Mais il préfère désormais regarder vers l’avenir. Il est de retour là où il veut être: aux avant-postes. Sera-t-il également aux avant-postes à Monaco?

Avec ses 9,4 kilomètres, le parcours monégasque est en réalité assez court pour le «Diesel» Küng. Le Thurgovien a généralement besoin d’un peu plus de temps pour monter en puissance. À cela s’ajoutent de nombreux virages qui imposent de fréquentes relances. «Cela ouvre la course à davantage de favoris que sur un contre-la-montre classique.»

Stefan Küng pense notamment au grand cado du cyclisme, Tadej Pogacar, à Wout van Aert, à Joshua Tarling et à Mads Pedersen (30 ans, Danemark), sans oublier lui-même. «Après tout ce qui s’est passé, je ne pouvais pas rêver meilleur scénario.»

Et s’il venait à s’imposer? «Je m'en réjouirais. Et je me tournerais immédiatement vers l’avenir», répond-il. Aujourd’hui plus que jamais.

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