L'espace d'une soirée à la BCF Arena, les maillots No 86 de Julien Sprunger ont fait place à ceux du No 15. Pas floqué Ryan Gardner, mais Nikola Jokic. La superstar du basket-ball mondial était présente à Fribourg ce jeudi pour défier la Suisse, dans le cadre des qualifications au Mondial 2027.
Le hasard faisant bien les choses, Swiss Basketball avait décidé d'organiser la rencontre dans la patinoire de Gottéron et, peu de temps après, le pivot des Denver Nuggets a annoncé sa présence. Quelques semaines après avoir accueilli les stars du hockey mondial comme Sidney Crosby ou Macklin Celebrini, le plateau de Saint-Léonard s'est à nouveau paré de l'un des meilleurs joueurs dans son sport.
MVP – Most valuable player ou, en français joueur le plus précieux. Cette récompense, Nikola Jokic l'a obtenue à trois reprises lors de la saison régulière de NBA et une fois lors des finales. Et au cas où les gens présents à la BCF Arena l'auraient oublié, le public serbe – extrêmement bruyant – n'a pas hésité à le rappeler, scandant à plusieurs reprises «M-V-P, M-V-P».
«Je suis reconnaissant envers les fans»
D'emblée, les Suisses ont compris que, malgré le fait qu'ils jouaient à la maison sur le papier, les tribunes allaient leur être hostiles. À peine entrée sur le parquet pour l'échauffement que la Nati s'est fait huer. «J'ai préféré en rigoler parce que tu ne peux rien faire d'autres, souriait Niko Rocak après le match. Je ne pense pas que ce soit mal intentionné, puisqu'ils sont là pour supporter leur équipe.» Le No 5 suisse a aussi apprécié le soutien des supporters à croix blanche par moments. «Vraiment, l'ambiance était incroyable!»
Même Nikola Jokic, qui en a vu d'autres dans sa carrière, a tenu à souligner l'importance du public balkanique. «On a eu l'impression de jouer à la maison, s'est réjoui la star des Nuggets. Les fans ont été notre sixième homme ce soir et je leur en suis reconnaissant. C'est pour cela qu'on joue: entendre notre nom, notre hymne et voir notre drapeau flotter.» Nul doute que si certains supporters serbes tombent sur cet article, ils en seront ravis.
Pas de plan contre lui
Sur le parquet, le pivot a également démontré toute sa classe, ballon en main cette fois. 22 points, 14 rebonds et 7 passes décisives. Rien que ça. Niko Rocak a défendu une bonne partie de la soirée sur lui. «C'était une super expérience mais c'est un monstre», rigolait-il après la rencontre.
Il faut dire que, sous les yeux de son coéquipier de Denver Jamal Murray, Nikola Jokic a fait le show. Au moment où la Serbie prenait le large, il y est allé d'un dunk aisé, puis d'un tir à trois points qui l'était tout autant. Trop facile. «Même avec une préparation spécifique contre lui, Nikola Jokic n'aurait pas pu être stoppé», avouait en toute honnêteté Ilias Papatheodorou après la rencontre. Beau joueur, le pivot serbe a tenu à souligner la belle bataille offerte par la Suisse, malgré le score qui ne reflétait pas la physionomie du match (73-97).
Au moment de sortir de la patinoire par l'entrée des artistes, difficile de se frayer un chemin à travers la foule dense. Une partie des supporters est restée pour attendre Nikola Jokic et les sécuritas ont dû jouer des coudes pour nous permettre de sortir de l'enceinte. L'histoire ne dit par contre pas si le joueur de Denver a également pris un bain de foule.