Le Tribunal de la Gruyère vient de rendre son verdict. Un Fribourgeois atteint de troubles psychiatriques écope d'un «petit internement» ainsi qu’une peine de prison de 5 ans pour avoir abusé sexuellement de deux femmes.
Il est condamné pour contrainte sexuelle, actes d’ordre sexuel commis sur personne incapable de discernement, escroquerie par métier et abus de confiance, précise le quotidien fribourgeois «La Liberté».
Victime incapable de discernement
Le Fribourgeois de 34 ans avait rencontré deux femmes dans le cadre de séances thérapeutiques dans le courant de 2019. Il leur avait notamment imposé des relations sexuelles qui, pour la plupart, s’étaient déroulées au sein même de l’Hôpital psychiatrique de Marsens, dans le canton de Fribourg.
Les deux victimes souffrent d’une fragilité psychique. La première est notamment atteinte d’un déficit intellectuel ainsi qu’un trouble du spectre autistique. La deuxième avait rencontré le trentenaire dans un centre commercial fribourgeois dans le but de lui acheter des médicaments pour mettre fin à ses jours.
Un risque de récidive «élevé»
S’appuyant sur une expertise psychiatrique, le procureur général Fabien Gasser avait insisté sur le risque «élevé à très élevé» de récidive. L’expert avait d’ailleurs diagnostiqué le trentenaire de prétention intellectuelle élevée. Ce trouble est accompagné d’une absence totale d’empathie et d’une capacité à contrôler ses semblables. Le psychiatre a également noté l’aptitude du Fribourgeois à détecter les failles de ses victimes.
Les juges gruériens ont donc suivi les recommandations du procureur, selon le journal fribourgeois. Fabien Gasser préconisait 5 ans et demi de prison avec un suivi thérapeutique institutionnel.
Cette peine est qualifiée de «petit internement». Pouvant être exécutée en prison, il est pourtant préférable qu’elle soit réalisée dans un établissement spécialisé et adapté. Le «petit internement» peut être reconduit de cinq ans en cinq ans et autant que nécessaire.
Déjà connu des services de police
En plus de la peine de privation de liberté, le Fribourgeois doit verser 3000 et 2000 francs d’indemnités pour tort moral à ses deux victimes.
L’homme était déjà connu de la justice. Il avait notamment été sanctionné à huit reprises pour délits contre le patrimoine ou escroquerie. Plusieurs personnes fragiles sur le plan psychique et mental avaient été arnaquées par le trentenaire.
Malgré le nombre de chefs d’accusation, l’affaire fera l’objet d’un nouveau procès puisqu’une demande d’appel a été déposée.