Peu de villes sont aussi touchées par le tourisme de masse que Venise. La situation exaspère les habitants, notamment parce que certains visiteurs dépensent très peu sur place. Moins de 50’000 personnes vivent aujourd’hui dans la cité lacustre du nord de l’Italie, qui a accueilli plus de 34,5 millions de touristes en 2025. Pour tenter de mieux répartir les flux, la ville teste depuis 2024 une taxe visant les visiteurs à la journée.
Cette année, entre avril et dimanche dernier, ces derniers ont dû payer un droit d’entrée lors de 60 journées particulièrement fréquentées. Au total, 650’000 personnes se sont acquittées de la taxe, a annoncé la ville dans un communiqué. Selon les chiffres provisoires, cette mesure lui a rapporté plus de 5 millions d’euros.
Les autorités tirent un bilan positif de l’expérience. Elles affirment avoir observé une baisse de la fréquentation lors des journées les plus chargées par rapport aux années précédentes.
Accès à la vieille ville par un code QR
Le système fonctionne de manière simple. Toute personne qui souhaite se rendre sur les principales îles de Venise entre 8h30 et 16h doit acheter au préalable un code QR sur internet.
Les visiteurs qui réservent au moins trois jours avant leur arrivée paient 5 euros. Pour les réservations de dernière minute, le tarif grimpe à 10 euros. Le code QR est ensuite contrôlé aux principaux points d’accès à la ville. Cette taxe concerne uniquement les touristes à la journée. Ceux qui passent la nuit à Venise ou dans les communes voisines en sont exemptés. Ils doivent toutefois eux aussi obtenir un code QR en ligne afin de prouver qu’ils ne sont pas soumis à la taxe.
Une nouvelle hausse à prévoir?
En 2024, Venise est devenue la première ville au monde à instaurer un tel droit d’entrée. La mesure lui avait rapporté 2,4 millions d’euros la première année, puis 5 millions en 2025. Les recettes pourraient encore augmenter fortement à l’avenir.
Simone Venturini, maire de Venise depuis mai, avait déjà fait de la hausse de cette taxe l’un de ses thèmes de campagne. Il entend désormais tenir sa promesse. A la mi-juin, il a déclaré vouloir «porter la taxe de 30 à 50 euros certains jours».
L’application de cette mesure durant l’été 2027 et les années suivantes doit encore être décidée par l’exécutif et le conseil municipal. Si Simone Venturini souhaite relever fortement le montant de la taxe, il devra également obtenir l’accord du gouvernement italien.