Une spirale infernale des prix
A Majorque les vacances coûtent de plus en plus cher

Les vacances à Majorque s’annoncent nettement plus chères cet été. Coûts en hausse, inflation et demande en baisse: restaurateurs et touristes trinquent.
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Les bistrotiers de Majorque augmentent massivement les prix des boissons et des plats.
Photo: imago/photothek
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Patrik Berger

Les vacances à Majorque restent très prisées. L’île attire autant les touristes fidèles des Baléares que ceux qui, en raison de la guerre en Iran, cherchent une alternative à Dubaï ou à Oman. Ils seront bientôt des milliers à affluer sur l’île. La demande de villas haut de gamme y a d’ailleurs fortement augmenté peu depuis le début du conflit.

Mais tous ces voyageurs pourraient vite déchanter! Leurs vacances à Majorque s’annoncent sensiblement plus chères cet été. Les prix des billets d’avion ont déjà commencé à augmenter, tout comme ceux des hôtels.

A l’approche de la saison de Pâques, le secteur de la restauration annonce à son tour des hausses dans les restaurants et les bars, rapporte le «Mallorca Magazin». En cause, une hausse généralisée des coûts qui met les professionnels sous pression.

Au plus mauvais moment

La guerre au Moyen-Orient agrave encore davantage la situation. L’énergie, les transports et les denrées alimentaires deviennent nettement plus chers. Concrètement, une bouteille de gaz pour la cuisine coûte 5% de plus, les produits laitiers jusqu’à 7% de plus.

A cela s’ajoutent des salaires en hausse d'environ 6% et des loyers qui augmentent sans cesse. Autant de coûts que les restaurateurs répercutent sur leurs clients. Pour beaucoup, le seuil de tolérance est atteint depuis longtemps. «Nous devons adapter les prix, le moins possible», explique Tomeu Mas, représentant de la branche. En 2025 déjà, les menus avaient augmenté de 5%.

On ignore encore combien de plats et de boissons seront plus chers cette année. Mais une chose est sûre: ces hausses interviennent alors que de nombreux clients ont déjà réduit leurs dépenses. Les «touristes diesel», qui mettent le moins possible la main au porte-monnaie, ont laissé jusqu’à 10% de moins par table la saison dernière, selon le secteur. Ils commandent moins, renoncent aux extras – ou évitent simplement les restaurants. Une tendance également observée chez de nombreux habitants, pour qui sortir au restaurant était pourtant une habitude.

Un début d'année 2026 difficile

Les restaurateurs avaient déjà de bonnes raisons de s’inquiéter en 2025. Et 2026 débute mal. Les fortes pluies et les vents violents ont pesé sur le début de saison et fragilisent encore le secteur.

L’espoir repose désormais sur un printemps dynamique. Mais Tomeu Mas reste prudent et se montre mesuré: «Nous espérons que la situation se stabilisera après Pâques.» Et que la spirale entre hausse des prix et baisse de la demande pourra être enrayée.

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