Donald Trump, décidé à exercer une pression maximale sur Cuba, a signé jeudi un décret indiquant que les Etats-Unis «pourraient» frapper de droits de douane d'un montant non précisé les pays vendant du pétrole à l'île communiste. «Un droit de douane supplémentaire 'ad valorem' (ndlr: dépendant de la valeur estimée) pourrait être imposé sur les importations de biens produits par un pays qui vend directement ou indirectement ou qui fournit du pétrole à Cuba», selon le texte de ce décret, publié par la Maison Blanche.
Cette décision, destinée à augmenter encore la pression sur l'île communiste, s'appuie sur la déclaration d'un «état d'urgence» en lien avec la «menace exceptionnelle» que fait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine, toujours selon ce décret. Dans le détail, Washington reproche aux autorités cubaines de «s'aligner et de soutenir nombre de pays, organisations terroristes internationales et acteurs hostiles aux Etats-Unis» dont la Russie, la Chine, l'Iran, le Hamas ou le Hezbollah.
Propagande communiste?
Cuba est aussi accusé de «déstabiliser la région via l'immigration et la violence», tout en «propageant ses idées, programmes et pratiques communistes». Le président américain avait déjà signifié récemment à La Havane qu'il n'y aurait «plus de pétrole» pour Cuba sans «accord» avec les autorités.
Donald Trump a placé sous contrôle américain le secteur pétrolier du Venezuela, qui depuis les années 2000 a été le principal fournisseur de pétrole à Cuba, son allié. La nouvelle menace du dirigeant républicain arrive alors que l'île connaît déjà une situation énergétique précaire.
Cuba, soumise à un embargo des Etats-Unis depuis 1962, connaît depuis trois ans de fortes pénuries de carburant qui ont un impact direct sur sa production d'électricité. Le pays est parvenu tout juste à satisfaire la moitié de ses besoins en électricité en 2025, selon des données compilées et analysées par l'AFP. Le Mexique est un pays qui livre encore de l'or noir à Cuba. Sa présidente Claudia Sheinbaum a affirmé mardi qu'elle restait «solidaire» de l'île, démentant des articles de presse assurant que son gouvernement avait décidé de suspendre les envois de pétrole.
Un «acte brutal d'agression»
De son côté, Cuba a qualifié d'«acte brutal d'agression» ce geste de Donald Trump. «Nous dénonçons devant le monde cet acte brutal d'agression contre Cuba et son peuple, soumis depuis plus de 65 ans au blocus économique le plus long et le plus cruel jamais appliqué à une nation entière, et que l'on promet désormais de soumettre à des conditions de vie extrêmes», a dénoncé sur X Bruno Rodriguez, le ministre cubain des Affaires étrangères.
Bruno Rodriguez a notamment dénoncé «une nouvelle escalade des Etats-Unis contre Cuba» et «une longue liste de mensonges visant à présenter Cuba comme une menace qu'elle n'est pas».