Le président américain, Donald Trump, et son homologue chinois, Xi Jinping, mènent vendredi une ultime journée de discussions pour assurer, malgré les tensions multiples, le succès d'un sommet à Pékin qui attend encore des résultats concrets. Après un déjeuner de travail avec Xi Jinping, Donald Trump doit repartir en tout début d'après-midi pour les Etats-Unis.
Les désaccords entre les deux superpuissances rivales se sont manifestés ouvertement jeudi peu après le début du sommet, avec une mise en garde vigoureuse du président chinois sur le risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de Xi Jinping ont dominé le premier jour de la visite alors que l'événement est précisément destiné à endiguer, sinon à dissiper, les crispations existantes.
Elles abondent: Taïwan donc, conflit avec l'Iran, relations commerciales, restrictions d'accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... La compétition – stratégique, commerciale, technologique – est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu'il a cité l'historien de l'antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu'une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante.
«Très élégamment»
S'il a ajouté que la Chine et les Etats-Unis devaient être «des partenaires, pas des rivaux» afin d'éviter ce piège, Donald Trump a tenu à répondre jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a commenté le président américain.
Mais selon lui, l'homme fort de Pékin avait à l'esprit les Etats-Unis sous la présidence de son prédécesseur Joe Biden, pas l'Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd'hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il ajouté, assurant que Xi Jinping, l'avait «félicité pour tant de réussites éclatantes» depuis son arrivée au pouvoir début 2025.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont pourtant livrés une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. Donald Trump et Xi Jinping ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l'administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l'instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain.
Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par Donald Trump avec Israël contre l'Iran. Xi Jinping a réaffirmé jeudi le voeu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une "relation de stabilité stratégique constructive", selon la diplomatie chinoise.
Pratiques déloyales
Le président chinois a promis d'ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l'excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l'accès au marché chinois sont l'un des grands griefs des Etats-Unis, comme d'autres pays développés, à l'encontre de Pékin.
Donald Trump a qualifié ces conversations «d'extrêmement positives et productives». Il a invité Xi Jinping à la Maison Blanche en septembre et s'est répandu en amabilités sur son hôte et sur la Chine. Si Donald Trump s'est montré inhabituellement discret pendant le premier jour de sa visite, il a été plus disert dans un entretien avec Fox News dont des extraits ont été diffusés jeudi.
Selon lui, Xi Jinping a assuré qu'il n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et qu'il était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz. Le blocus de ce passage maritime important par l'Iran et les Etats-Unis pénalise notamment la Chine, car une grande partie de ses importations de pétrole y passe. Et malgré l'annonce, encore sur Fox News, par le président américain d'un engagement chinois à acquérir 200 avions Boeing, le premier jour de la visite a produit plus de faste et de manifestations d'une volonté de décrisper l'atmosphère que de gains tangibles pour les deux parties.
Selon le ministre américain des Finances, Scott Bessent, présent à Pékin, les deux pays ont toutefois discuté de la mise en place de garde-fous contre les risques de cyberattaques favorisées par l'intelligence artificielle. Pour ce sommet, précédé mercredi de consultations économiques et commerciales, Donald Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. La Maison Blanche espère repartir avec un certain nombre d'accords, par exemple dans le domaine de l'agriculture, ou de promesses d'investissements chinois aux Etats-Unis.