Trump veut «contrôler» Cuba
Le chef de la CIA en visite rare à La Havane sur fond de crise électrique

Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu jeudi à La Havane pour une rencontre exceptionnelle avec de hauts responsables cubains. Cette visite intervient alors que Cuba subit une nouvelle panne électrique majeure.
Le directeur de la CIA John Ratcliffe s’est rendu jeudi à La Havane pour une rencontre exceptionnelle avec de hauts responsables cubains.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu jeudi à La Havane pour une réunion exceptionnelle avec de hauts responsables cubains, ont indiqué les autorités de l'île qui fait face à une nouvelle panne électrique massive. La situation a encore empiré jeudi matin, avec une déconnexion du réseau électrique de sept provinces sur 15.

En fin de journée, quatre provinces n'avaient pas encore été reconnectées au réseau national, selon les autorités. La compagnie électrique a aussi annoncé que la centrale thermo-électrique Antonio Guiteras, située à une centaine de kilomètres de La Havane et qui fournit le plus d'électricité au pays, connaissait une panne en raison «d'une fuite dans la chaudière».

Sollicitée par l'AFP pour confirmer la réunion entre le directeur de la CIA et des responsables du ministère cubain de l'Intérieur, l'agence américaine de renseignement n'a pas répondu immédiatement. Les autorités cubaines ont précisé que cette rencontre visait à "contribuer au dialogue politique" entre les deux adversaires idéologiques.

«Pas une menace» pour Washington

Une réunion à un haut niveau diplomatique avait déjà eu lieu à La Havane le 10 avril. C'était la première fois qu'un avion gouvernemental américain se posait dans la capitale cubaine depuis 2016. Jeudi, La Havane a indiqué que les «éléments fournis par la partie cubaine et les échanges menés avec la délégation des Etats-Unis ont permis de démontrer catégoriquement que Cuba ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis».

Le président américain Donald Trump a signé à la fin janvier un décret présidentiel stipulant que l'île, sous direction communiste, située à 150 km des côtes de Floride, représentait une «menace extraordinaire» pour les Etats-Unis. Washington a ainsi justifié le durcissement des sanctions contre le régime cubain, déjà soumis à un embargo depuis 1962, et notamment l'imposition d'un blocus pétrolier de facto contre l'île depuis janvier. Donald Trump avait alors menacé de représailles tout pays souhaitant fournir ou vendre du pétrole à l'île caribéenne.

Le durcissement des sanctions américaines a provoqué une crise énergétique et économique sans précédent sur l'île de 9,6 millions d'habitants. La situation du réseau électrique reste particulièrement critique, alors que le pays n'a plus de réserves de diesel et de fioul. Face à la complexité de la crise, le gouvernement cubain s'est dit «prêt» à examiner une proposition d'aide financière de 100 millions de dollars faite la veille par Washington qui exige que cette aide soit distribuée par l'Eglise catholique, sans passer par le gouvernement.

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