Son ADN caché quelque part?
Obsédé par un plan sordide, Jeffrey Epstein a fait conserver son sperme à titre posthume

Les dossiers Jeffrey Epstein révèlent un nouvel élément dans l'affaire du criminel sexuel. Ce dernier aurait déposé son sperme avec la ferme intention de le faire conserver... même après sa mort.
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Le criminel sexuel Jeffrey Epstein a exigé de faire garder ses prélèvements de sperme, même après son décès.
Photo: AFP
Léa Perrin - Journaliste Blick
Léa PerrinJournaliste Blick

Si le criminel sexuel Jeffrey Epstein est décédé en prison en 2019, son matériel génétique semble, lui, avoir survécu. Le milliardaire américain aurait fait conserver son sperme, plusieurs années avant sa mort, d'après des informations du «New York Times». Ces échantillons étaient accompagnés de directives visant à les garder en lieu sûr en cas de décès.

On connaissait déjà l'obsession de Jeffrey Epstein à l'idée de transmettre ses gènes. En 2019, le quotidien new yorkais avait notamment révélé un plan sordide selon lequel le financier déchu voulait mettre en place une «ferme à bébés» dans son ranch au Nouveau-Mexique. Le but? Inséminer artificiellement des femmes avec son sperme pour leur faire porter ses enfants.

Mais celui qui a été inculpé pour trafic sexuel avait plusieurs cartes dans sa manche. Les dossiers sur l'affaire, publiés par le ministère de la Justice américain en janvier dernier, indiquent qu'Epstein avait conservé son sperme pendant plusieurs années avant d'être retrouvé mort dans sa cellule.

Matériel de succession

Des premiers échantillons de sperme ont été déposés auprès de California Cryobank en 2012. Une consigne accompagnait ce matériel: si Jeffrey Epstein venait à mourir, la banque de sperme devait impérativement conserver ces dépôts. Le contrat stipule qu'en cas de décès, ces échantillons (considérés comme propriété d'Epstein et non comme un don) seraient confiés à sa succession ou à un représentant légal. 

Malgré ces consignes, il n'existe aucune information prouvant que le sperme de Jeffrey Epstein est encore conservé quelque part, ou par quelqu'un. California Cryobank a assuré que la banque ne conserve «actuellement aucun échantillon associé à Jeffrey Epstein». Un représentant de la succession du criminel sexuel n'a pas répondu aux demandes du «New York Times». Au total, une quarantaine de personnes sont désignées comme bénéficiaires potentiels de la fortune d'Epstein.

Traitements et prélèvements

Au-delà du projet de féconder des femmes à la chaîne dans son ranch, les dossiers médicaux et courriels liés à l'affaire montrent que Jeffrey Epstein était obsédé par sa virilité et par son besoin de transmettre son ADN. Il a notamment suivi un traitement pour un faible taux de testostérone, avec un médicament censé augmenter le nombre de spermatozoïdes.

Selon les principes éthiques appliqués dans le secteur de la procréation assistée aux Etats-Unis, le sperme peut être utilisé à titre posthume si le donateur en a explicitement exprimé le souhait. Dans le cas d'Epstein, difficile de savoir comment les prestataires réagiraient si une bénéficiaire recevait les prélèvements de l'un des plus grands criminels sexuels de l'histoire des Etats-Unis pour une fécondation posthume. A supposer que l'ADN de Jeffrey Epstein existe encore quelque part...

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