«Je prends les femelles fertiles»
Une enquête du «New Yorker» accuse Andrew Tate et son frère de viol sur mineures

Dans une immense enquête parue le 8 juin, le magazine «The New Yorker» analyse une flopée de messages privés, ainsi que les témoignages d'une dizaine de femmes, accusant Andrew et Tristan Tate de violences et de trafic sexuel.
Le magazine américain «The New Yorker» ravive les nombreuses accusations pour viol et trafic sexuel qui accablent les frères Andrew et Tristan Tate.
Photo: AP
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

Misogyne autoproclamé, coqueluche du mouvement Maga et icône de la «manosphère», Andrew Tate semble esquiver la justice avec l'agilité du serpent qu'il s'est choisi comme animal totem. Accusé de violences physiques, de viol sur mineures et de traite d'êtres humains et de trafic sexuel par une dizaine de femmes, l'influenceur suivi par 11 millions de personnes sur X fait l'objet de nombreuses enquêtes, depuis l'année 2012 déjà. Alors que son frère, Tristan, est visé par 11 accusations similaires, les deux hommes continuent de nier en bloc. Et cela depuis des années. 

Dans une gigantesque enquête publiée le 8 juin par le magazine «The New Yorker», l'affaire est relancée avec éclat. La journaliste américaine Heidi Blake est effectivement parvenue à rencontrer les frères Tate, après avoir analysé des flopées de messages personnels, de déclarations publiques et de témoignages livrés par douze victimes présumées. 

«Je ne suis pas un monstre, je suis un berger»

Elle rappelle ainsi qu'Andrew Tate a précipitamment quitté le Royaume-Uni, en 2015, après une brève arrestation pour viol, pour s'installer en Roumanie. Une fois sur place, les deux frères auraient ouvert le «American Village» un immense lotissement hautement sécurisé situé à Bucarest, où ils auraient contraint une multitude de femmes, dont des mineures, à se prostituer, ou à réaliser des séquences de films pornographiques.

«J’ai fait ça avec plus de cent filles, a notamment affirmé Andrew Tate sur l'application Telegram, selon le «New Yorker». Cela me donne presque l'air d'un monstre, mais je n'en suis pas un. Je suis un berger. Je mène mes moutons.» Le média américain souligne par ailleurs qu'Andrew Tate a lancé, en parallèle, le réseau «War Room», destinée à apprendre aux hommes à recruter des femmes pour en faire des esclaves sexuelles. Ces tutoriels étaient dispensés au prix de 8000 dollars par an. 

«Je prends les femelles fertiles»

D'après un proche d'Andrew et Tristan Tate, contacté par le «New Yorker», les deux frères auraient eu des dizaines d'enfants de leurs victimes. «Je suis le gros gorille, aurait notamment affirmé le premier. Je prends les femelles fertiles et je les féconde.» 

Or, les accusations ont commencé à s'enchaîner, même en Roumanie, où les deux intéressés semblaient bénéficier d'une certaine immunité. En 2022, ils faisaient l'objet d'une enquête pour trafic sexuel d'enfants, pédophilie et blanchiment d'argent, résume l'ATS. Le «American Village» avait été envahi de policiers armés, tandis que les femmes présentes avaient été placées en garde à vue préventive par une équipe du SWAT (Special Weapons and Tactics), une unité de défense d'élite américaine. Or, le «New Yorker» souligne que l'affaire avait été classée sans suite juste après la réélection de Donald Trump, offrant aux deux hommes une chance de se défiler. 

Contenu tiers
Souhaitez-vous voir ces contributions externes (par exemple Instagram, X et d'autres plateformes) ? Si vous acceptez, des cookies peuvent être installés et des données peuvent être transmises à des fournisseurs externes. Cela permet l'affichage de contenus externes et de publicités personnalisées. Votre décision s'applique à l'ensemble de l'application et peut être révoquée à tout moment dans les paramètres.

Auprès de la journaliste Heidi Blake, les frères Tate ont martelé n'avoir «jamais fait de mal à une femme», soulignant qu'aucune des femmes qu'ils avaient employées ne les avait jamais accusés de crimes, qu'elles étaient toujours leurs «amies», et que leur business initial, basé sur des discussions intimes via webcam, avait cessé depuis des années. 

«Le travail par webcam, contrairement à la prostitution, est généralement légal, admet Heidi Blake, dans son article. Néanmoins, presque partout dans le monde, il est illégal de recruter des travailleuses et travailleurs du sexe par la force, la fraude ou la contrainte, y compris la manipulation psychologique».

Articles les plus lus