Une parcelle de terrain de 87 hectares à Taylor, dans l'état américain du Texas, suscite une vive polémique. Ce grand espace vert qui devait faire le bonheur des enfants, finira par abriter des milliers de serveurs informatiques.
Comme le rapporte le site d’information 404média, repris par BFM TV, c'est en 1999 que ce terrain est cédé par la famille Bland, des agriculteurs, pour seulement 10 dollars symboliques. A une seule condition: l’obligation que le terrain reste un parc public.
Mais le temps passe et, au fil des années, il change plusieurs fois de mains avant d'être revendu en 2025 pour 10 millions de dollars à Blueprint, une entreprise spécialisée dans les centres de données. Leur projet est titanesque: un data center de 12'500 m².
«Oh, ce n'est pas bon pour le quartier»
Pamela Griffin, dont la famille habite près du site depuis des générations, s’indigne. «Je me suis demandé: 'Cest quoi un centre de données?' Alors, avec mes sœurs et mes frères, on s'est réunis et on a fait des recherches. On s'est dit: 'Oh, ce n'est pas bon pour le quartier'», confie-t-elle à 404média. Enfant, elle y jouait au baseball et campait, des souvenirs qu’elle espérait transmettre à ses enfants. Pourtant, des documents officiels confirment les volontés de M. Bland, le donateur original, qui souhaitait que ce terrain bénéficie aux enfants comme espace vert.
Désormais. les riverains s’inquiètent pour le bruit, la consommation d’électricité, la qualité de l’air et la dévaluation de leurs biens immobiliers.
La municipalité de Taylor défend le projet en affirmant qu’il respecte les règles d’urbanisme. Elle promet des mesures pour limiter les nuisances: réduction du bruit, aménagements paysagers et refroidissement en circuit fermé pour économiser l’eau. Les autorités mettent aussi en avant les retombées fiscales, estimées à 30 millions de dollars sur dix ans. Mais elles sont claires: la ville ne peut «tout simplement pas dire non aux centres de données», peut-on lire sur leur site.
Pamela Griffin et sa famille ont intenté une action en justice pour faire respecter les conditions du don initial. Leur avocat s’appuie sur les restrictions figurant dans l’acte de 1999, qu’il juge solides. Cependant, Blueprint a obtenu une irrecevabilité de la plainte, et la justice a refusé de suspendre les travaux en attendant l’appel. Le centre de données avance désormais sans obstacle judiciaire.
A mesure que se multiplient les projets de centres de données, ces frictions entre les autorités et les populations locales semblent vouées à s’intensifier.