Des pourparlers sont censés être en cours entre l'Ukraine et la Russie. Et dans les faits, ils sont en cours. Car depuis la rencontre entre Donald Trump, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et des représentants de haut-rang de l'Union européenne, il y a 10 jours, d'éventuelles négociations sont de retour sur la table. Mais sur le front, la situation s'envenime à nouveau – et la Russie en est la principale responsable.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, une nouvelle attaque massive de missiles russes a secoué Kiev, la capitale ukrainienne, causant la mort d'au moins 17 personnes. Dans le même temps, les troupes de Vladimir Poutine avancent dans la région de Dnipropetrovsk, à l'est de l'Ukraine, causant de violents combats. L'avancée russe a été confirmée à l'agence de presse AP par Victor Trehubow, porte-parole des forces terrestres ukrainiennes locales.
Une réunion prévue en Suisse
Pendant ce temps, Zelensky a dépêché une délégation aux quatre coins du globe. Le chef du bureau présidentiel Andriy Jermak et l’ex-ministre de la Défense Roustem Oumierov ont pour mission de consolider le soutien international, d’accroître la pression sur Moscou et, dans l’idéal, d’obtenir de nouvelles garanties de sécurité.
Mercredi, ils se sont rendus en Arabie saoudite pour rencontrer le ministre de la Défense et le conseiller à la sécurité nationale, afin d’évoquer les perspectives de paix et le rôle du royaume, rapporte Reuters. Jeudi, une autre réunion était prévue en Suisse.
Karin Keller-Sutter a reçu la Première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko. La rencontre a porté sur le processus de paix et la reconstruction du pays. A son issue, douze projets de reconstruction impliquant la Suisse ont été annoncés. Enfin, vendredi, la délégation spéciale de Zelensky rencontrera des représentants du gouvernement de Trump à New York, comme l'ont confirmé Washington et Kiev. Il devrait également y être question d'éventuelles négociations avec les Russes.
La Russie joue la montre
Trump avait d'abord annoncé une rencontre entre Poutine et Zelensky dans les 14 jours, mais s'était finalement retiré des pourparlers de paix, exaspéré. Le sommet avec Poutine en Alaska n'a pas donné les résultats qu'il espérait. Le week-end dernier, le vice-président J. D. Vance a toutefois pris la parole et s'est montré optimiste quant au rôle de médiateur des Etats-Unis. «Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour conclure cette affaire», a-t-il déclaré dans une interview à NBC.
Alors que l'Ukraine mène une offensive diplomatique, la Russie continue de jouer la montre et préfère laisser parler les armes. Ainsi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré la semaine dernière à la chaîne de télévision américaine NBC que Poutine était prêt à rencontrer Zelensky uniquement si un ordre du jour était préparé pour le sommet, «et cet ordre du jour n'est pas du tout prêt».
Le lieu du sommet reste incertain
Il n'y a toujours pas non plus d'accord sur le lieu du sommet. Lors d'un entretien, Poutine a évoqué la capitale russe, Moscou, ce que Zelensky a immédiatement rejeté. Le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis a tenté d'évoquer la Suisse comme lieu du sommet, en vain jusqu'à présent.
L'Autriche a proposé Vienne comme plateforme. Il n'y a pas eu de grandes réactions. Il en va de même pour Istanbul. Entre-temps, Trump favorise Budapest, où son ami conservateur de droite Viktor Orban est au pouvoir. Le président hongrois s'entend également bien avec le patron du Kremlin. Kiev pourrait toutefois considérer que le lieu n'est pas neutre.
On a l'impression que l'Ukraine se prépare cette semaine à un possible scénario de sommet: la Suisse comme hôte, l'Arabie saoudite comme médiateur et les Etats-Unis comme garant de la sécurité. Mais la réalité demeure: sans la participation active de la Russie, les conférences sont pratiquement sans effet.