Plan anti-immigration secret
Des millions de vivants déclarés morts: le projet fou de l'administration Trump

L’administration Trump aurait envisagé de faire passer 2,7 millions de personnes vivantes pour mortes afin de les exclure du système financier. Un lanceur d’alerte révèle les coulisses de ce plan avorté.
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L’administration Trump aurait envisagé de faire passer 2,7 millions de personnes pour mortes afin de les exclure du système.
Léa Perrin - Journaliste Blick
Léa PerrinJournaliste Blick

Pas de salaire, pas d’économies, pas d’appartement, pas d’assurance maladie, pas de prestations gouvernementales... C’est ce que l’administration Trump aurait envisagé d’infliger à 2,7 millions de personnes vivantes en les faisant passer... pour mortes! Dans un plan controversé, la Maison Blanche voulait classer ces personnes comme étant décédées en exploitant une base de données ultraconfidentielle, révèle le «Washington Post».

Dans cette stratégie restée secrète, le gouvernement américain aurait imaginé rayer du système financier des personnes issues de l’immigration. Le but? Intimider les immigrés (même légaux) et aggraver leur situation financière, en espérant qu’ils s’«auto-expulsent» ou se rendent dans les bureaux de la Sécurité sociale afin d’obtenir de l’aide... au risque d'être arrêtés.

Ils seraient alors devenus de véritables fantômes. Parmi ces 2,7 millions de personnes figuraient des citoyens américains, des résidents permanents légaux, des adolescents et des personnes âgées.

Manipulation des bases de données

Pour mettre ce scénario sur pied, l’administration aurait utilisé l’une des bases de données d’identité les plus importantes du gouvernement. L’administration de la Sécurité sociale assure que ce plan n’a finalement pas été mis en œuvre.

Au sein de la Sécurité sociale, les juristes de l’agence auraient prévenu les employés que le fait de déclarer faussement comme décédées des personnes vivantes enfreignait la loi fédérale. Jeremiah Schofield, un employé de longue date, a lancé l’alerte concernant ce plan dans une déclaration de 49 pages. Ce rapport constitue le récit le plus détaillé à ce jour sur la façon dont les responsables du service DOGE, alors dirigé par Elon Musk, auraient cherché à utiliser les données de la Sécurité sociale au service de la politique anti-immigration de Donald Trump.

Début avril 2025, Kristi L. Noem, alors secrétaire à la Sécurité intérieure, a demandé à la Sécurité sociale d’empêcher des «terroristes présumés» en situation illégale d’utiliser des numéros de sécurité sociale. Jeremiah Schofield a rapidement établi que l’agence avait reçu du DHS une première liste d’environ 6100 personnes à retirer purement et simplement du système financier. Selon lui, le DHS aurait ensuite transmis une seconde liste bien plus vaste, portant cette fois sur 2,7 millions de dossiers.

«Nuire délibérément aux gens»

Les révélations de Jeremiah Schofield ont indigné certains élus démocrates qui crient à la corruption. Ces derniers affirment que ces informations confirment leurs craintes concernant les objectifs de l'administration Trump et la manipulation des données de la sécurité sociale. «Grâce aux révélations de ce lanceur d'alerte, nous disposons de preuves supplémentaires que l'administration Trump n'a pas seulement utilisé le programme DOGE pour réduire de manière inconsidérée les programmes gouvernementaux, mais qu'elle cherchait également des moyens de nuire délibérément aux gens, en particulier aux immigrants», a déclaré le sénateur Richard Blumenthal dans un communiqué.

Dans ses réponses judiciaires, l’administration Trump conteste toute utilisation abusive de ces données. La SSA affirme de son côté que la liste de 2,7 millions de noms n'a pas été ajoutée au fichier des personnes décédées.

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