A la suite d'un attentat
Le plan anti-migrants de Trump considéré illégal par un juge

Un juge fédéral américain a invalidé vendredi des restrictions à l'immigration imposées après un attentat à Washington en novembre 2025. Il a jugé ces mesures «illégales» et motivées par des préjugés anti-immigrés.
Un magistrat fédéral a annulé les mesures prises par la Maison Blanche après une attaque armée.
Photo: keystone-sda.ch
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Un juge fédéral américain a invalidé vendredi une série de restrictions à l'immigration légale imposées par l'administration Trump à la suite d'un attentat mortel à Washington en novembre, perpétré par un ressortissant afghan. Les services de citoyenneté et d'immigration (USCIS) ont édicté une série de restrictions visant les ressortissants de 39 pays à la suite de l'attentat qui a coûté la vie à une militaire de la Garde nationale, rappelle le juge, John McConnell, concluant que ces restrictions sont «illégales».

«Depuis, les individus de ces pays se sont vus catégoriquement empêchés d'obtenir des décisions finales portant, entre autres, sur leurs demandes d'asile, de permis de travail, de carte verte, ou de naturalisation», souligne le magistrat.

Il cite une publication de la ministre de la Sécurité intérieure de l'époque, Kristi Noem, indiquant en décembre sur X avoir recommandé au président Donald Trump «une interdiction d'entrée totale pour les ressortissants de chaque satané pays qui a inondé notre nation de meurtriers, de sangsues et d'accros aux aides sociales».

A la suite d'un attentat

Cette recommandation avait été aussitôt suivie d'effet, toute demande de carte de résident permanent, la fameuse «carte verte», ou de naturalisation, étant suspendue pour les ressortissants de 19 pays parmi les plus pauvres de la planète. Parmi les 19 pays listés figurent les 12 (Afghanistan, Birmanie, Tchad, Congo, Guinée équatoriale, Erythrée, Haïti, Iran, Libye, Somalie, Soudan et Yémen) dont les ressortissants étaient déjà concernés par une interdiction d'entrée sur le territoire depuis juin 2025.

S'y ajoutaient les sept autres pays (Burundi, Cuba, Laos, Sierra Leone, Togo, Turkménistan et Venezuela) frappés également depuis la même date par des restrictions de délivrance de visas. Vingt pays avaient ensuite été ajoutés à la liste en décembre 2025. Le juge reproche notamment à l'USCIS de «justifier ses actes par des préoccupations de 'sécurité nationale' qui sont en fait des prétextes pour dissimuler des préjugés anti-immigrés».

A la suite de l'attentat, l'administration Trump a gelé pendant plusieurs mois toute décision sur l'octroi de l'asile aux Etats-Unis et réduit la durée des permis de travail de nombreuses catégories d'immigrés. Donald Trump a érigé la lutte contre l'immigration clandestine en priorité absolue, évoquant une «invasion» des Etats-Unis par des «criminels venus de l'étranger» et communiquant abondamment sur les expulsions d'immigrés.

Mais son programme d'expulsions massives a été contrecarré ou freiné par de multiples décisions de justice, notamment au motif que les personnes visées devaient pouvoir faire valoir leurs droits.

Articles les plus lus