Donald Trump n'aurait jamais voulu se retrouver sur ce podium. Mais depuis hier, le républicain occupe la troisième place du classement historique des présidents américains... les plus impopulaires. Les sondages pointent que seuls 33% des Américains estiment qu'il fait du bon travail. Seuls Richard Nixon (1913-1994), durant le scandale des écoutes du Watergate (24%), et Harry S. Truman (1884-1972), durant la guerre de Corée (22%), ont obtenu de pires résultats.
C’est un coup dur pour l'ex-star de télévision, obsédée par l’audimat, qui vient de vivre un été catastrophique en tant que président des Etats-Unis. L'un des hommes les plus puissants du monde ne semble plus contrôler la situation. Voici sept problèmes majeurs auxquels Donald Trump est confronté, qui montrent à quel point il s’est mis lui-même sur la touche.
Les mollahs font ce qu’ils veulent
Trump a beau déclarer quasiment chaque semaine que la guerre contre l’Iran est «gagnée», en vérité le régime islamiste ne semble pas disposé à faire des concessions. Le détroit d’Ormuz reste bloqué, tandis que les négociations sur l’abandon du programme nucléaire iranien n’ont jamais vraiment commencé. Résultat, pas moins de 80% des Américains pensent que Trump est loin de pouvoir mettre fin à la guerre avant longtemps.
Même Netanyahu l'ignore
Benjamin Netanyahu, autrefois l’un des plus fidèles alliés de Trump, ne l'écoute plus. Le chef du gouvernement israélien a complètement balayé le dernier plan de paix pour Gaza élaboré par le Bureau ovale. Alors qu’Israël n’a jamais été aussi peu soutenu par l’opinion américaine, Trump devient de plus en plus désespérément prisonnier de sa propre loyauté envers Netanyahu, sans pour autant parvenir à exercer une véritable influence sur le Premier ministre israélien.
Il fréquente les dictateurs
Le président américain a du mal à cacher son admiration pour les autocrates. Récemment, un simple coup de fil du Kremlin a suffi à faire revenir Donald Trump sur sa promesse de laisser l’Ukraine produire elle-même des missiles Patriot.
Contrairement à Vladimir Poutine, Kim Jong-un n'a même pas besoin de décrocher le téléphone pour faire changer d'avis Donald Trump. La «très bonne relation» que le président américain entretient avec le dirigeant nord-coréen, comme il aime le rappeler, l'a poussé à mettre un frein aux exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud en début de semaine. Son argument: ne pas envoyer de «signaux inappropriés» à Pyongyang. Une complaisance envers les dirigeants autoritaires qui nuit à la réputation des Etats-Unis.
Le choc des prix à la pompe continue
Aux Etats-Unis, le gallon (3,8 litres) d’essence coûte désormais 4,06 dollars. Une hausse de plus de 36% par rapport au prix affiché avant l’attaque américaine contre l’Iran. Pourtant, Donald Trump ne semble pas prendre au sérieux cette problématique qui affecte de nombreux Américains. Au fond, le milliardaire estime que c'est le prix à payer pour empêcher «un pays très méchant» de se doter de la bombe atomique.
Une stratégie qui ne passe pas. En effet, pour la première fois depuis dix ans, davantage d’Américains pensent que les démocrates mèneraient une meilleure politique économique que les républicains. Un coup de massue pour le parti des entrepreneurs.
Ses milliards font retentir l’alarme de la corruption
Selon ses propres déclarations financières, Trump dit avoir gagné 2,2 milliards de dollars en 2025. Un montant 5000 fois plus élevé que ce que l’Etat américain lui verse officiellement pour ses fonctions de président (400'000 dollars annuels).
Ses détracteurs lui reprochent aussi d'avoir pris des décisions politiques qui ont fait grimper en flèche son portefeuille d’actions. Dernièrement, le républicain a créé la controverse en tentant d'instaurer un nouveau modèle de paiement sur sa plateforme «Truth Social». Il promettait d'informer toute personne en avance de ses intentions de publications, contre la modique somme de 100'000 dollars par mois. Une action en justice à ce sujet est toutefois en cours.
Un viol de 1996 le rattrape
L'auteure E. Jean Carroll a obtenu gain de cause devant la Cour suprême américaine pour un viol que Trump a commis en 1996 dans une cabine d’essayage à Manhattan. Ne pouvant plus faire appel de cette décision, le dirigeant américain doit lui verser cinq millions de dollars de dommages-intérêts.
Reste à savoir si les juges de la Cour suprême donneront également raison à E. Jean Carroll dans son action en diffamation, Trump l'ayant gravement insultée à plusieurs reprises au cours de la procédure. Si tel est le cas, il devra s'acquitter de 83 millions supplémentaires.
Dans tous les cas, même la majorité conservatrice de six juges contre trois à la Cour suprême ne suffit pas à épargner à Trump ses déboires judiciaires.
Tucker Carlson pourrait devenir un vrai rival
Il y a encore deux ans, l’influent commentateur Tucker Carlson faisait campagne pour Donald Trump. Aujourd’hui, il semble sur le point de fonder un nouveau parti avec des anciens partisans du républicain.
Ce nouveau parti en devenir, «America First», rassemble des personnes qui désapprouvent la guerre de Trump contre l’Iran. Même s’il est extrêmement difficile de créer un nouveau parti dans le système américain, toute division au sein de la droite affaiblira à coup sûr le président.
Menaces pour les élections de mi-mandat
En définitive, les stratagèmes de Donald Trump semblent avoir perdu de leur efficacité. Presque rien ne se déroule comme l’espérait le président américain, qui pourrait en payer le prix lors des prochaines élections de mi-mandat, le 3 novembre prochain.
Si les républicains venaient à perdre l’une des deux chambres du Congrès, Trump se retrouverait politiquement paralysé. Les démocrates pourraient en outre multiplier les enquêtes et investigations, compliquant encore davantage la tâche du président et de ses alliés après un été particulièrement désastreux.