Donald Trump a annulé mercredi l'audition prévue au sénat du procureur new-yorkais Jay Clayton, son candidat pour coordonner le renseignement américain, tant qu'il ne sera pas assuré du remplacement de ce dernier à son poste actuel par l'homme de son choix.
Dans un jeu de chaises musicales dont il est coutumier, le président américain a choisi, pour devenir son «chef des espions» (Directeur du renseignement national, DNI), celui qui a dirigé la puissante autorité des marchés boursiers (SEC) pendant son premier mandat.
Mais Jay Clayton occupe, depuis le printemps 2025, l'un des postes de magistrats les plus puissants du pays, celui de procureur du district sud de New York. Et Donald Trump veut absolument qu'il soit remplacé à cette fonction par Jamie McDonald, un avocat qui s'est occupé d'une de ses affaires judiciaires et doit lui aussi être approuvé par le sénat.
«Il se peut que je ne parvienne pas à faire approuver l'extraordinaire (...) Jamie, et je ne veux pas retirer Jay Clayton de l'excellent travail qu'il accomplit tant que Jamie n'est pas en poste», a écrit sans détour le milliardaire sur son réseau Truth social. «Nous annulons l'audition au Sénat concernant le DNI prévue aujourd'hui et nous ne donnerons pas suite tant que Jamie McDonald n'aura pas été confirmé au poste de procureur des Etats-Unis».
Une vengeance politique?
Le dossier enflamme la classe politique américaine. Car tant que Jay Clayton n'est pas approuvé, le DNI par intérim demeure un homme d'affaires lui aussi proche du président, Bill Pulte. La nomination par intérim de cet homme dépourvu de la moindre expérience dans le monde du renseignement, à un poste qui chapeaute des agences comme la CIA, a ulcéré les démocrates et suscité de vives réserves jusque dans le camp républicain.
L'opposition redoute que le locataire de la Maison Blanche ne s'appuie sur le DNI pour lancer des opérations de vengeance politique ou de perturbation des élections. Donald Trump a, de fait, déjà demandé à Bill Pulte de tailler dans les effectifs du renseignement.
Le tribunal du district Sud de New York est considéré historiquement comme l'un des bureaux de procureurs fédéraux les plus indépendants du pays. Il avait ouvert la voie à plusieurs des problèmes juridiques personnels de Donald Trump au cours des huit dernières années, notamment pendant son premier mandat au sommet du pouvoir.